Un reportage de Mehmet Koksal
Ce lundi (26/01/2011) à 9h02, Malamine FADIABA (délégué syndical SETCa au MRAX) et Nurten KOSOVA (assistante sociale au MRAX) fixent une corde jaune pour barrer l’entrée du Mouvement contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie (MRAX). Ensemble avec les autres travailleurs, ils ont décidé d’organiser ce lundi matin une grève sauvage pour condamner le « licenciement » (non reconduction du contrat) du jeune animateur Mohamed MESSAOUDI, réclamer les primes de fin d’année des travailleurs ainsi que les primes pour travailleurs découlant des accords non marchands mais que la direction refuse de libérer.
« C’est bien que tu sois là Mehmet, j’ai aussi eu un appel de Télé Bruxelles qui m’a précisé qu’une équipe était en route pour couvrir l’événement. On a de plus en plus du mal à faire venir la presse pour couvrir un conflit social« , précise M. Fadiaba en passant une chaîne en fer autour de son cou pour marquer dit-il symboliquement la violence exercée par la direction à l’égard des travailleurs du mouvement antiraciste.
Le siège du MRAX fondée en mars 1966 par une poignée de résistants juifs athées d’extrême gauche se situe n°37 de la rue de la Poste à Saint-Josse-Ten-Noode, un quartier populaire où l’immigration prolétaire italienne d’après-guerre a laissé la place aux immigrés turcs devenus petits propriétaires des habitations du quartier. Pour ces habitants, le MRAX ne fonctionne pas seulement comme un centre d’actions antiracistes mais plutôt un lieu où il est facile et surtout gratuit d’avoir un conseil juridique de première ligne ou une assistance sociale pour des faits qui ne sont toujours liés à l’objet social du mouvement. Justement, à 9h32, un couple de Turcs débarque devant le bâtiment pour une consultation et découvre avec surprise l’action syndicale en cours. « Pas de consultation aujourd’hui, nous sommes en grève, vous pouvez repasser demain me voir mais aujourd’hui, nous ne travaillons pas« , explique en turc l’assistante sociale Nurten Kosova. « En grève ? Bravo, nous vous soutenons et nous repasserons demain alors« , répond l’homme turc à la moustache bien taillée accompagnée de son épouse portant un foulard bleu sur la tête.
« J’ai commencé à travailler comme stagiaire bénévole au MRAX en 1983, c’est vous dire si j’ai connu des changements au sein du mouvement. Mais je peux vous assurer que depuis l’arrivée de l’actuel directeur, je n’avais jamais connu de telles pratiques déloyales et dégueulasses à l’égard des travailleurs. Pour lui, on est tous des cons et tous des incompétents et il veut nous faire croire que c’est lui qui a construit tout seul ce mouvement. On ne peut par exemple plus parler du passé du MRAX, le directeur a par exemple fait retirer tous les portraits d’Yvonne JOSPA de l’association. L’évocation du passé est juste autorisée pour la communication externe car c’est toujours bien, vis-à-vis des pouvoirs publics, de signaler que le MRAX a été fondé par des résistants juifs mais il ne faut pas aller plus loin afin de ne pas heurter l’égo surdimensionné de l’actuel directeur« , explique l’assistante sociale partagée entre dégoût et désolation sur l’état actuel du mouvement.
Le vent froid commence à souffler de plus en plus fort ce lundi matin sur la porte d’entrée du MRAX, la déléguée syndicale CSC Asiye ZORSU en profite pour ramener du café et des petits morceaux de cakes pour les manifestants. « Vas-y Mehmet, prends une tasse de café ! Au MRAX, il n’y a que Malamine et moi qui buvons du café, les autres n’aiment pas trop cela« , précise-t-elle en retournant chercher les drapeaux et les écharpes des organisations syndicales (FGTB et CSC). « Incroyable ! J’ai demandé à Riduan (EL AFAKI, le responsable administratif, financier et ressources humaines du MRAX) de quitter le bâtiment car nous voulons temporairement bloquer la porte d’entrée mais il s’est enfermé dans son bureau et il refuse de le quitter. Ce gars n’a aucune personnalité, c’est vraiment une lopette aux ordres du chef. Même pour respirer, il doit demander une autorisation. C’est énervant et triste à la fois. Tant Riduan que Delphine sont en réalité des victimes du directeur car la manière dont il leur adresse la parole est vraiment inhumaine. J’entends jusque dans mon bureau quand il leur gueule dessus. Un jour, ils s’en rendront peut-être compte aussi« , précise Mme Zorsu.
Cette employée administrative connaît bien les tactiques du directeur (pression psychologique, victimisation, culpabilisation, complicité,…) pour avoir sur injonction et durant des années caché toutes les lettres recommandées adressées au siège du MRAX. « Tout a commencé après le licenciement pour faute de grave de Didier DE LAVELEYE quand Radouane m’a demandé de suivre la boîte aux lettres du mouvement. J’étais chargée de cacher toutes les lettres recommandées ainsi que d’autres correspondances sensibles pour qu’il passe les consulter pendant la nuit et organiser sa stratégie vis-à-vis du Conseil d’administration. Puis, il a commencé à me demander de le couvrir dans sa stratégie en me demandant par exemple de signer des lettres pour faciliter le licenciement d’autres travailleurs. Il avait appris par mes collègues que je suis une femme avec deux enfants et que je suis propriétaire à crédit de mon logement. Comme j’ai un crédit à payer, il pensait vouloir facilement me faire chanter par la menace du licenciement mais ça n’a finalement pas marché. Je refuse de jouer dans son jeu, je n’ai jamais été du côté des patrons, ce n’est pas avec lui que je vais décider de changer de camp. Je reste solidaire des travailleurs, quel qu’en soit le prix à payer! Si c’est le chômage qui nous attend et bien on ira au chômage, personne n’en est mort, n’est-ce pas ?« , conclut Asiye Zorsu.
Il est 9h43, une jeune femme blonde enceinte se présente devant le MRAX pour une nouvelle consultation de l’assistance sociale. « Désolé, nous sommes en grève aujourd’hui, il faut repasser demain« . « Mais je travaille les autres jours et je n’ai en réalité qu’une petite question« , réplique la belle blonde. « Non madame, on ne peut pas vous aider aujourd’hui, même pour une seule question, il va falloir repasser demain. La grève, c’est la grève« , répond fermement Nurten Kosova en réajustant ses lunettes. La grève, c’est la grève surtout si elle est « sauvage » comme aujourd’hui. En réalité, de sauvage elle n’a que la définition légale (pas de préavis de grève déposée dans le délai légal) car sur place, la grève est on ne peut plus humaine entre ces travailleurs et ce responsable financier qui représente la direction. Pas d’insulte, pas de menace, pas de bousculade et pas d’engueulade, la grève est surtout sauvage pour ces conséquences économiques : aucun des travailleurs ne sera payé pour cette journée d’actions passées devant le siège du lieu de travail et la direction se serait bien passé de cette nouvelle communication négative sur le mouvement. La relation est même à certains moments amicale entre les deux camps. Sur place, chacun s’interpelle par son prénom, critique l’autre ouvertement avec ses émotions mais vis-à-vis du public externe (presse et opinion publique) chaque camp reprend ses positions en invoquant ses titres (directeur, président, responsable, délégué, travailleur,…) et ses termes juridiques (tutelle, pouvoirs publics, inspection, analyse institutionnelle, accords non marchands, professionnalisation, harcèlement,…).
Il est presque 10 heures et Mohamed MESSAOUDI, l’animateur récemment remercié par le CA du MRAX, débarque sur les lieux pour participer à la manifestation des travailleurs. « Ce qui me dégoûte le plus, c’est d’apprendre qu’on me licencie pour faire de la place à la femme d’un député Ecolo qui est par ailleurs l’ami du directeur. Elle a été engagée après moi au MRAX, elle n’a aucune compétence spécifique ni en tant qu’animatrice, ni comme secrétaire de direction. On m’a dit aussi que ma collègue Isabelle VERLINDEN s’est félicité de mon départ, je ne comprends pas sa réaction car je me souviens lui avoir rendu beaucoup services durant mes six mois au sein du MRAX. Moi, j’ai fait de mon mieux depuis que je suis dans ce mouvement et un jour on me convoque pour soi-disant procéder à mon évaluation, on me pose des questions pour la forme et ensuite on me présente la lettre de licenciement du Conseil d’administration qui avait visiblement déjà statué sur mon sort. Je me rappelle qu’un jour, on m’avait chargé de passer des coups de fil aux 300 membres du MRAX. C’est là que je m’étais rendu compte de la perception du public vis-à-vis du MRAX car plus de la moitié des membres ou ex-membres que j’avais contacté me criait et m’insultait au téléphone en précisant qu’ils ne voulaient plus jamais entendre parler du MRAX. Cela m’avait choqué mais c’est la réalité dans laquelle se trouve le mouvement aujourd’hui« .
Kalvin Njall SOIRESSE, juriste au MRAX, regrette le départ de Mohamed et critique fermement le directeur. « Au moment de l’engagement de Mohamed, Radouane est venu au service juridique du MRAX et nous a dit : ‘Contaminez-le!’. Il voulait qu’on endoctrine le nouveau travailleur pour qu’il soit fidèle à la direction et qu’il s’oppose, si besoin, aux autres travailleurs. Radouane utilise toujours la même stratégie de pressions psychologiques, d’arguments d’autorité et de stratégies dans les coulisses pour monter les uns contre les autres au sein du MRAX. En fait, dès qu’il a un problème avec une personne, l’objet social du mouvement passe au second plan car l’important pour Radouane est une mener une guerre totale contre la personne pour le licencier et, si possible, le détruire psychologiquement. Pendant la Semaine d’actions contre le racisme (SACR), Radouane a eu un clash avec Malamine. Il a réuni les juristes de l’association autour d’un verre et nous a demandé de jouer le rôle de l’accusation. ‘Imaginez que vous êtes les avocats du MRAX face un juge du Tribunal du Travail, comment feriez-vous pour monter le dossier à charge de Malamine ‘la vermine’ et convaincre le juge du bien fondé de son licenciement ?’. Voici l’exercice qu’on devait faire. Un autre jour, j’avais demandé des explications pour connaître la raison du non paiement de mes pécules de vacances. Il m’a répété à quatre reprises que j’étais un tas de merde et que, moi aussi, j’étais un con comme les autres travailleurs. Concernant mes pécules de vacances, je n’ai pas eu droit à une réponse. Radouane a même un jour invoqué lors d’une réunion au Botanique sa particularité d’homosexuel musulman comme argument pour nous obliger à le soutenir dans ses actions. C’est la stratégie de victimisation qui consiste à dire ‘soutenez-moi car je suis une victime et je suis persécuté’ en évitant de parler des faits ou du fond de ses actions. »
Les journalistes Sabine RINGELHEIM et Yannick VAN GANSBEECK de la chaîne de télévision régionale Télé Bruxelles débarquent sur les lieux et le délégué syndical affine déjà son discours formaté à l’attention des téléspectateurs. « Nous lançons un appel urgent au ministre Benoît CEREXHE et aux autorités d’Actiris qui gèrent les contrats des agents contractuels subventionnés (ACS) de la Région bruxelloise. Le problème du MRAX n’est pas lié au professionnalisme des travailleurs ou à la qualité des services fournis mais à la gestion, à la direction et plus fondamentalement à la structure du MRAX. Nous invitons donc les autorités régionales à ne pas abandonner les compétences acquises des travailleurs en matière de lutte antiraciste et, s’il n’est plus possible de sauver le MRAX, d’orienter les aides régionales vers d’autres structures plus stables comme SOS Racisme ou Kif Kif« , déclare Malamine FADIABA, travailleur rebelle au MRAX mais aussi co-fondateur de SOS Racisme. Lui, il n’attend plus que ça pour rebondir car il sait que ses jours sont comptés pour son licenciement. Malheureusement pour lui, ce n’est pas le passage qui sera repêché par la journaliste dans son reportage.
La présence de François HAENECOUR, juriste à mi-temps au MRAX et collaborateur à mi-temps du député Ecolo Ahmed MOUHSSIN, à cette manifestation étonne plus d’un observateur. « J’ai longtemps estimé que l’intérêt général du MRAX primait sur les conflits entre la direction et les travailleurs mais le licenciement de Mohamed est pour moi la goutte qui a fait déborder le vase. On ne peut plus se taire à présent car cela renforce le pouvoir de la direction. Mohamed est un garçon qui a énormément de compétences et on pourrait même dire qu’il n’a même pas eu le temps de prouver son incompétence si c’est bien le motif qui conduit au non renouvellement de son contrat. Dès son engagement, il était déjà convenu que ce garçon devait être encadré et suivi, ce qui n’a jamais été fait. S’il paye aujourd’hui c’est à cause de la mauvaise gestion de l’association et non l’inverse. Par ma présence, je veux clairement affirmé mon soutien et ma solidarité avec les travailleurs« . M. Riduan EL AFAKI, le responsable des ressources humaines, revient devant la porte pour signifier à M. Haenecour qu’il l’a indiqué « en récupération » sur sa fiche de contrôle. Son soucis est le suivant : diminuer le nombre de grévistes pour faire croire que tous les travailleurs ne font pas grève. « Oui, tu peux indiquer en récupération mais cela ne m’empêche pas d’être solidaire de cette action syndicale« , répond l’intéressé.
En reprenant le couloir pour regagner son bureau, Riduan EL AFAKI passe constamment devant une affiche représentant une caricature des 3 singes (celui qui ne dit rien, ne voit rien et n’entend rien). Accroché à son téléphone portable auquel il manque le capot de la batterie, il note et rend compte en direct et minute par minute de l’évolution de l’action syndicale et de la présence des journalistes notamment au président Placide KALISA et au trésorier Tommy Ngoc-Thong BUI. Le directeur est actuellement en congé maladie et se trouve toujours au Maroc jusqu’à une période indéterminée. Riduan El Afaki s’installe après avoir soigneusement préparé ses arguments pour la presse : « Je veux d’abord vous préciser que tous les travailleurs ne font pas grève puisque Delphine (Hein-Donnard) et Isabelle (Verlinden, chargée de communication à mi-temps au MRAX et à mi-temps pour l’échevin Pierre KOMPANY, Pro Ganshoren et ex-PS) ne participent pas à cette grève sauvage et que François (Haenecour) est en récupération. Concernant les primes de fin d’années, elles ont été payées récemment aux travailleurs et concernant les primes relatives aux accords non marchands, le CA a donné son accord de principe pour que ce soit fait également. Maintenant, il faut encore que j’étudie les dossiers car ces primes ont été calculées par les travailleurs eux-mêmes et que le délégué syndical Malamine Fadiaba propose de les étendre à tous les travailleurs équitablement et non aux cinq travailleurs qui en bénéficiaient jusqu’à ce jour. Ceci fera encore l’objet de discussion mais j’ai déjà un accord de principe du CA pour le paiement. Enfin, concernant Mohamed Messaoudi, il était sous contrat avec une période d’essai. A la fin de cette période, nous avons procédé à une évaluation et ce rapport a été transmis au CA qui a pris la décision de ne pas renouveler son contrat car il n’a pas été jugé satisfaisant. J’entends dire aujourd’hui qu’on le licencie pour faire de la place à Delphine et on invoque plein de choses qui ne tiennent pas la route et qui vont à l’encontre la vie privée des gens. Par contre, Delphine a constaté vendredi dernier, juste après la notification du non renouvellement du contrat de Mohamed, qu’un fil de l’alarme de l’immeuble du MRAX a été sectionné entre 16h00 et 17h00. On n’accuse personne car c’est une simple déduction logique du fait que Mohamed aurait pu faire cela. En tout cas, une plainte a été déposée à la police pour signaler ce fait« , conclut Riduan EL AFAKI en critiquant à nouveau les journalistes pour la couverture médiatique négative concernant l’association antiraciste.
Vers 11 heures, la grève sauvage touche doucement à sa fin et les travailleurs s’interrogent sur ce qu’ils peuvent encore faire pour sensibiliser les pouvoirs publics à leur sort. Au-delà des enjeux de pouvoir, il y a aussi des emplois qui dépendent du dénouement du conflit social. « Pourquoi ne pas faire une grève de la faim puisque personne ne veut nous écouter et agir ?« , s’interroge Malamine Fadiaba en regardant les autres travailleurs dans les yeux. « Comment vous l’épelerez ? Une grève de la faim ou une grève de la fin ?« , demande la journaliste de Télé Bruxelles, une remarque qui fait rire les deux camps opposés dans ce conflit.
(PARLEMENTO – INDEPENDENT NEWS AGENCY)









Pfff , ça de donne mal à la tête toutes ces histoires. Un patron, c’est pas toujours un bien-aimé, mais un tel irrespect montre bien qu’il y a plus qu’un problème avec ce gars. Qu’on arrête de subventionner cette assoce, et elle tombera d’elle-même.
Qu’on en finisse.
Pok
27 déc 11 at 14:57
Radouane Bouhlal est legitime au MRAX. il a le soutien du CA et on a le droit d’aller au Maroc même quan on est malade, c’est legal. on veus juste faire du mal à radouane et au PS de schaerbeek avec les elections qui vont arrivés. les mohsin mouden et autres veule juste salir le MRAX par jalousi. mehmet kosksal doit faire des etudes de journaliste il attaque Radouane parce qu’il a pas assister au CA. Radouane bouhlal est encore l’homme pour le Mrax.
Zorro
27 déc 11 at 15:18
oooh pauvre Mr Bouhlal, Vous avez tout compris Zorro ! (par charité schaerbeekoise, on s’abstiendra d’identifier le politicard analphabète du CA du MRAX qui se cache derrière ce pseudo et qui ressemble drôlement à Bouhlal)Les mafieux n’ont rien à faire en politique et bizarrement il n’y a qu’au PS qu’on laisse faire cela.
Blug
27 déc 11 at 16:39
le pire dans ce cirque est qu’ils se battent tous … pour leur fric, bein plus que pour une cause réelle!
laissons de côté les grands élans humanitaires, chacun de cette bande est un activiste assisté, avec un aimable masque pour dissimuler l’inutilité de l’asbl.
l’idéal serait de supprimer ce machin, mais le PS veillera à en réinventer son cloné pour y fourguer ses obligés, les mêmes et on recommence.
whafwhaf
27 déc 11 at 21:12
Monsieur Bouhlal a rejoins donc le PS de Schaerbeek. Il accompagnera les Conseillers communaux de grandes qualités intellectuelles qui n’a jamais aussi bien porté le nom de « cité des ânes »
Il aura la joie et le bonheur de vivre Schaerbeek en rouge avec Abdelkrim Ayad, Abobakre Boujhar,Derya Alic, Emin Ozkara, Halis Kokten, Ibrahim Donmez, Mohamed Lahlali, Mohamed Ramdani, Sfia Bouarfa, Tulay Nalban, les dignes représentant du socialisme schaerbeekois au Conseil communal.
Du MRAX au PS de Schaerbeek… Voilà une belle promotion !
Mireille Mathieu
27 déc 11 at 22:22
je suis sur que mireille mathieu porte les trace de frutré libérau responsable de la crise économique et de la gestion pourrie de la commune de schaerbeek. kan on a un bilan aussi mauvais faudrais nettoyer devan sa porte. monsieur bouhlal ne se presente pas (il est écrit dans l’article) pourquoi attaqué gratuitemen.
Zorro
27 déc 11 at 22:39
« Les mafieux n’ont rien à faire en politique et bizarrement il n’y a qu’au PS qu’on laisse faire cela. » :
Et les rigolos d’Ecolo, ils font de la politique « autrement », peut-être ! Le député régional Ahmed Mouhssin ne serait-il pas lui aussi une crapule de la pire espèce ?!
Ecolo
28 déc 11 at 00:14
Le dénommé Zorro n’est autre que la vermine ou le caniche du Bahloul : Riduan EL AFAKI. Une vraie merde !
Ridouan
28 déc 11 at 00:31
« pourquoi attaqué gratuitemen. » : parce que c’est gratuit, justement.
Ducon
28 déc 11 at 01:29
À propos de la «crise du Mrax»
Henri Goldman (protecteur du bahloul), le 16 novembre 2009
Tout le monde en parle : le Mrax est en crise. Certains informent, d’autres s’informent et beaucoup écrivent n’importe quoi. Mais autour de cette crise tournent quelques vautours en bande, intellectuels auto-proclamés en mal de pub, blogeurs courageusement calfeutrés derrière leur clavier ainsi que quelques authentiques racistes qui n’attendaient qu’un signal pour déverser leur bile anonyme dans les espaces qu’Internet leur offre. S’ils tombent sur ce blog, ils se reconnaîtront. Mon mépris leur est largement acquis.
La crise du Mrax, c’est une douleur. Pas uniquement au nom de ce que cette organisation fut en d’autres temps que, du coup, on enjolive quelque peu. Mais au nom de ce qu’elle est encore et toujours. Malgré tous les reproches qu’on peut lui faire – certains sont justifiés, d’autres non –, le Mrax n’a jamais cessé de porter le combat contre toutes les discriminations, au risque de déplaire ou d’agacer. Oui, toutes les discriminations. Et si, depuis quelques années, il a focalisé son action sur celles dont sont victimes les musulmans, c’est à bon droit car ceux-ci, et singulièrement depuis le 11 septembre 2001, sont aujourd’hui particulièrement visés.
L’actuelle crise est en fait la combinaison de plusieurs. Il y a une crise interne qui oppose le personnel au Conseil d’administration et en premier lieu au président de l’association depuis 5 ans, Radouane Bouhlal. Conflit douloureux, évidemment, où il est très difficile d’y voir clair quand on n’est pas en position de se faire une opinion par soi-même, mais dont je n’ai jamais perçu qu’il porte sur l’orientation politique du Mrax. Il y a par ailleurs une crise rampante au sein du CA qui n’a jamais pris la forme d’un conflit structuré mais qui s’est manifesté par de nombreuses démissions individuelles. À ma connaissance, aucun des démissionnaires n’a développé une argumentation politique pour justifier son départ (ce qui ne veut pas dire que celui-ci n’était pas parfois sérieusement motivé) et la plupart restent assidus aux assemblées générales. Je lis aussi que la dernière péripétie a abouti à l’exclusion de celui qui, au yeux des contempteurs du Mrax, incarnait en son sein le courant qualifié stupidement d’« islamo-gauchiste ». Enfin, cette médiatisation morbide a sollicité les protagonistes d’anciennes ruptures qui, pour leur part, peuvent se réclamer d’un authentique désaccord politique.
Pour comprendre ce qui se joue, il faut remonter à l’élection de Radouane Bouhlal à la présidence. À ce moment-là, le Mrax s’est déjà investi sur le terrain de la liberté religieuse des musulmanes en défendant à la fin des années 90 des stagiaires assistantes sociales interdites de foulard et en lançant au début 2004 le « Collectif d’associations opposées à l’interdiction du foulard à l’école » (Coife), ce qui précipita le départ de quelques membres historiques. Ce n’est donc pas l’arrivée de Bouhlal qui marque la prédominance des discriminations qui visent les musulman(e)s dans les préoccupations du Mrax.
Par contre, cette arrivée va bouleverser d’autres choses. Radouane Bouhlal n’est pas le premier président du Mrax « issu de l’immigration maghrébine », mais le second. Mais alors que le premier avait été sollicité par la majorité « belgo-belge » du CA de l’époque, l’élection pourtant parfaitement démocratique en 2004 de Radouane Bouhlal à la présidence fut vécue par beaucoup comme un « putsch » dans la mesure où cette accession n’était pas programmée. Cet événement venait couronner un double phénomène. D’une part, la lassitude des anciens cadres qui n’avaient plus d’énergie disponible pour assumer un investissement assez lourd. Au moment venu de le réélire, la présidente Thérèse Mangot et la directrice Carole Grandjean avaient du se mettre en chasse pour recomposer un CA de qualité. Heureusement, et c’est l’autre phénomène, de jeunes leaders potentiels issus de la communauté « arabo-musulmane » émergeaient. Pour la première fois, la porte leur fut largement ouverte. Je pense qu’il aurait été tout à fait possible d’organiser « pacifiquement », de façon consensuelle, un passage de témoin. Mais le jeune et fougueux Radouane Bouhlal, appuyé par les nouveaux arrivants, a préféré brûler les étapes. Ce n’était pas interdit.
Mais le prix à payer fut immense. Radouane Bouhlal, qui n’avait pas 30 ans, a souhaité jouer son rôle de président à plein dès le premier jour. Avec d’assez gros sabots, il cabra et le personnel en place et ce que j’appellerais (pardon pour l’ironie) l’AIML (Amicale informelle des membres légitimes) qui ne l’acceptait pas car elle ne l’avait pas adoubé. À refaire, je ne pense pas qu’il agirait de la même façon au vu des dégâts produits. Jusqu’à sa mort en 2006, Thérèse Mangot, qui accepta avec une grandeur d’âme exceptionnelle de devenir la vice-présidente de celui qui l’avait évincée de manière fort cavalière, le soutint tant qu’elle pu.
Radouane Bouhlal, c’est une personnalité qui, comme on dit, « ne laisse personne indifférent ». Un égo solide, un caractère ombrageux, mais aussi un fameux courage. Car sa présidence coïncide avec la radicalisation dans la société de la « querelle du voile » face à laquelle les autorités tergiversaient. En engageant à fond le mouvement sur ce terrain, il ne pouvait qu’interpeller des personnalités politiques (notamment socialistes) qui étaient les alliés traditionnels du Mrax. Jusqu’alors, le Mrax était sur le plan politique un condominium de socialistes et de membres de la gauche radicale, avec un zeste d’écolos et une solide implantation à l’ULB. Sous sa présidence, des membres du MR et du CDH entrèrent au CA. Mais cela n’aura pas suffit à donner au Mrax une assise suffisante au sein de la coterie qui fait l’opinion. Sans doute manque-t-il au président du Mrax une certaine finesse tactique, la conscience qu’en des temps difficiles, des alliances sont indispensables et la capacité de les nouer. J’ai d’autres désaccords avec lui, notamment sur l’usage abusif du signifiant « islamophobie » qui suggère un amalgame entre des racistes avérés et ceux qui s’opposent au port de signes religieux, parmi lesquels se trouvent des antiracistes indiscutables (qui font fausse route selon moi) et aussi des personnes de culture musulmane. J’en ai déjà discuté ici sur ce blog et je n’y reviens pas.
Mais quels que soient les désaccords que vous puissiez avoir, chers lecteurs, avec le cours actuel du Mrax, je vous suppose assez de jugement pour ne pas vous laisser embrigader dans la croisade que deux bouffons au narcissisme démesuré – et dont je ne citerai pas les noms – ont décidé de mener. Lisez leur prose : ils dénoncent le « racisme anti-blanc » et les « islamo-gauchistes » alors qu’on ne les a jamais entendu s’en prendre au racisme ordinaire et aux discriminations au quotidien. Cette rhétorique ne vous rappelle rien ?
Ecolopaternalisme
28 déc 11 at 01:53
Quoi qu’en dise le paternaliste Henri Goldman, pour qui l’antiracisme constitue un fond de commerce, qu’ils et elles soient allochtones ou autochtones, tous les élu(e)s écolos se sont toujours prononcés, dans les Conseils communaux du pays, pour l’interdiction arbitraire du port du voile dans les écoles publiques. Mais il est vrai que pour berner les électeurs musulmans, utilisés comme machine à voix, ces rigolos écolos présentent lors des campagnes électorales des programmes halalisant le voile dans nos bahuts.
Rachid Z
28 déc 11 at 02:16
La vice-présidente du Mrax s’en va
VANDEMEULEBROUCKE,MARTINE, le 16 mai 2011
Antiracisme Nouvelle tension au CA
L’éclaircie aura été passagère au Mrax. Mois de trois mois après la désignation d’un nouveau président (Placide Kalisa) et d’un nouveau directeur (Radouane Bouhlal), Elisabeth Cohen, vice-présidente du Mrax, a présenté sa démission. Elle dit ne «plus se retrouver dans le fonctionnement et les orientations du conseil d’administration (CA)».
Elisabeth Cohen est membre de l’association antiraciste depuis 1998 et administratrice depuis 2006. Elle vit mal son départ qu’elle ressent comme un échec dans son espoir de sortir le Mrax « de son isolement croissant ». Le problème n’est pas neuf : c’est une fois de plus le pouvoir pris par le directeur (et ancien président) Radouane Bouhlal au CA qui est en cause. Selon Elisabeth Cohen, ce CA ne remplit plus son rôle politique, pas plus que le bureau en charge de la gestion journalière de l’association.
L’ancienne vice-présidente évoque notamment ce communiqué de presse sur l’affaire de Lodelinsart envoyé sans l’aval de l’ensemble du bureau, sous prétexte d’urgence. Le Mrax, constate Elisabeth Cohen, fonctionne dans un état d’urgence permanent qui justifie l’absence de concertation, de débats et d’autocritique. Elle dénonce les méthodes d’intimidation au sein du CA, les rapports de force qui évacuent toute réflexion collective. « Il n’y a plus moyen de discuter, dit-elle. Les plus anciens sont partis. Il ne reste que des membres qui n’ont pas vécu l’histoire récente et ancienne du Mrax. Un déséquilibre s’est créé ». Elisabeth Cohen constate une forme de démission collective qui amène ses membres à céder une grande partie de ses pouvoirs au directeur. Elle a défendu l’association quand certains l’attaquaient en la présentant comme un « syndicat pro-musulman » mais aujourd’hui elle s’interroge sur l’avenir du Mrax et espère que sa démission fera au moins l’objet d’un débat au sein de la prochaine assemblée générale fin juin.
Le Soir
28 déc 11 at 03:31
C’est grotesque. Supprimer les subsides, dissoudre cette organisation caricaturale dont l’abréviation sonne comme anthrax, virer tous ces incompétents qui n’ont absolument rien fait pour diminuer le racisme, l’antisémitisme, l’incitation à la haine ou la xénophobie dans ce pays. Il est plus que temps de faire cesser toutes ces polémiques et autres débats, insultes, jeux de pouvoirs inutiles et procès coûteux. Réinvestir l’argent épargné dans l’éducation: la prévention contre la racisme, c’est là que ça se passe. Et on arrête le politiquement correct aussi s’il vous plaît. Le « mrax » est devenu absurde. Il ne sert strictement à rien et certainement pas à remplir sa mission initiale. Assez.
Paul Pote
28 déc 11 at 03:49
bravo Mehmet, tu fais un très bon travail d’investigation!! c’est inadmissible ce qui se passe au Mrax, c’est vraiment dommage pour les travailleurs! c’est une honte de leur faire subir de telles violences au travail et surtout dans une association historique et progressiste comme le Mrax où moi même j’ai commencé ma vie militante dans les années 70! Je ne comprends pas pourquoi les pouvoirs publics laissent encore cet ignoble personnage de Radouan sévir en toute impunité!!! C’est un malade mental grave! Pourquoi les travailleur-se-s du Mrax ne portent ils pas plainte pour harcèlement auprès de la cellule spécifique au Ministère de l’emploi? Et s’ils ne perçoivent pas leurs primes et arriérés suite aux accords du non marchand, ils doivent porter plainte auprès d’un inspecteur du Ministère des Lois sociales? Je peux témoigner moi même que dans plusieurs associations, règne ce genre de climat de terreur imposé par des incompétent-e-s, paresseux-ses, manipulateurs-trices qui ont pris le pouvoir pour assouvir UNIQUEMENT leur soif de puissance!! Souvent ces arrivistes incompétents, usurpateurs, harceleurs, anti démocratiques, sont d’origine marocaine comme la ministre Fadila Laanan qui les protège(je peux vous en citer des dizaines). Il est clair que ces opportunistes ont des comportements de fascite = le Maroc étant une monarchie absolue, de droit divin et une dictature où la démocratie est absente comme les droits démocratiques et la citoyenneté!! C’est bien dommage de constater que ces opportunistes font d’énormes dégâts tant psychologiques pour les travailleurs qu’idéologiques pour les associations où ils-elles sévissent!!
SOLIDARITE AVEC LES TRAVAILLEURS-SES DU MRAX
Fotoula
28 déc 11 at 12:32
Il reste 2 scénarios possibles:
1.Sous la suggestion de Moureaux (ce qui équivaut à une Bulle du Pape), il se retire et laisse le PS mettre de l’ordre pour sauver l’outil. En échange on lui demande de se retirer un temps des projecteurs et on le case quelque part.
2.Soit il tient tête (vu son ego, ce ne serai pas étonnant) et là, il se fera lâcher par tous le monde. Mais qui sait, ça peut le rendre plus populaire (et donc d’une certaine façon incontournable) si l’affaire prend de l’ampleur.
Je pense que la goute d’eau (et l’erreur fatale) qui l’a complétement décrédibilisé, c’est le fait d’avoir pris sa carte au PS de Schaerbeek. Il dit ne pas vouloir être candidat. Mais alors pourquoi?
Une hypothétique place de chef cab? Le gars est trop prévoyant que pour se lancer dans un pari pas du tout gagné d’avance (Laurette n’a jamais été aussi loin d’une future majorité -elle se fait remettre à sa place par les section ecolo et cdh qu’elle tente d’approcher ces jours-çi)Donc Bouhlal candidat PS? Je sens que ca va être chouette ces communales…
Paul Emique
28 déc 11 at 13:38
Il y a quad même un truc qui me chiffonne: d’où vient cette info selon laquelle Bouhlal aurait pris sa carte au PS de Schaerbeek ? Cela a-t-il été vérifié ou ça relève de l’info-intox ? D’ailleurs, aux dernières nouvelles, il habitait Laeken (ça n’est pas contradictoire, mais enfin…).
Par ailleurs, MK continue à affirmer que Bouhlal « se trouve toujours au Maroc jusqu’à une période indéterminée », ce qui est faux, je l’ai vu il y a moins d’un mois gare du Nord à Bruxelles, il accompagnait un ami qui devait prendre le train pour Anvers, je lui ai même parlé (donc ce n’était pas une hallucination).
Tête froide
28 déc 11 at 16:03
MK se fiche que Bouhlal soit à Tanger, à Tel Aviv à Bruxelles, ou ailleurs mais si vous faites l’effort de mieux lire, ce sont ses chiens de garde qui lui sont toujours fidèles qui, sans honte, déclarent qu’il est en villégiature médicale au Maroc. Et si MK nous informe que le dictateur qui s’est emparé du Mrax rejoint une organisation politique maffieuse dans la Cité des ânes, je ne vois pas pourquoi nous devrions en douter. Mais puisque vous connaissez le chef de bande du Mrax, pourquoi ne pas en avoir le coeur en le lui demandant personnellement ?
Tête brûlé
28 déc 11 at 19:33
En tout cas, s’il a vraiment adhéré au PS, il devra faire oublier ses propos de 2005:
« Le PS a tout intérêt à clarifier sa position, commente Radouane Bouhlal, président du Mouvement contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie (Mrax), qui a adressé un courrier aux sénateurs afin de les inviter à ne pas suggérer une hiérarchie entre les divers comportements négationnistes… Le législateur doit veiller à ne laisser aucun doute ni aucune ambiguïté sur l’application de la future loi au génocide arménien. Et de regretter que certains de nos concitoyens continuent à justifier, minimiser ou même nier cette terrible atteinte à l’humanité, savamment réalisée à partir de critères ethniques et religieux… Aux yeux de Radouane Bouhlal, le PS doit inciter Emir Kir à se positionner clairement : Est-il solidaire ou pas de la résolution votée par le Sénat en 1998 à l’initiative de son propre parti ? »
Tête froide
28 déc 11 at 21:12
Merci de nous rafraîchir la mémoire mais le dictateur juriste « spécialiste en matière de droits de l’Homme », le néo-amicaliste du Mrax, est aussi spécialiste en matière de manipulation et d’instrumentalisation. Il se fiche du racisme comme du négationnisme et ce qui l’importe, c’est son égo, son narcissisme.
Tête brûlée
28 déc 11 at 21:32
Pour ceux qui auront le « courage » de regarder ces deux vidéos,
voici ce dont se montrent capables les SALAUDS ORDINAIRES d’islam
dont le MRAX et ses acolytes « acceptés ici » sont fiers de défendre les « droits » envers leurs femmes..
Rien à commenter à ce propos, les crapules locales?
http://www.dreuz.info/2011/12/video-gamine-de-12-ans-lapidee-par-la-religion-d%E2%80%99amour-et-de-paix/
L’autre exemple de lapidation du même article étant une jeune de 17 ans … et les barbares ordinaires s’amusent de surcroît à en filmer les scènes, armés de leur GSM-caméra!
Toujours rien à commenter à ce propos, les crapules locales?
Surtout, ne venez pas nous commenter qu’il s’agirait de trucages.
zeki
28 déc 11 at 23:13
Le MRAX n’apporte plus rien par rapport au centre pour l’égalité des chances (et la lutte contre le racisme) qui est à la pointe de la lutte contre TOUTES les discriminations. Ils sont professionnels, sont à l’écoute, cherchent un équilibre. Bref, à des lieux de cette assoce qui a pu avoir un jour un rôle à jouer à une certaine époque, mais qui comme toute chose doit se terminer avant de ridiculiser les combats qu’elle a pu mener.
Je ne sais pas, et je me moque de savoir, si le problème est lié au directeur ou aux employés, mais clairement il y a une orientation que je n’aime pas.
Je ne l’aime pas parce qu’elle sous-entend que seule une partie de la population subit des injustices liées à ce qu’ils sont. Et uniquement pour une seule chose, leur religion.
Une telle vision se contredit, ou en tout cas contredit le message qu’elle devrait tenir parce qu’elle discrimine toutes les personnes ne rentrant pas dans cette catégorie.
Oui, c’est vrai que les maghrébins sont discriminés, et c’est évidemment intolérable. Mais le premier facteur de discrimination n’est certainement pas la religion. Le premier facteur est socio-économique.
Demandez à Georges machin brol pourquoi il n’aime pas les maghrébins. Si il vous répondait sincèrement, il ne parlerait pas de religion. La religion est devenu un prétexte pour critiquer, et un argumentaire simple pour convaincre d’autres de la malfaisance présumée des personnes objets de cette critique.
D’ailleurs, il l’a déjà dit, sa haine provient d’un tabassage (probablement, à base raciste également).
Des gens qui traitent mal les femmes, les considèrent comme des inférieurs, ou les méprisent, ça existe dans toutes les couches de la population. Seulement avec les musulmans vous avez des images insupportables disponible à profusion provenant de pays arriérés. Ce n’est pas autre chose.
Par la suite, peut-être que des esprits faibles vont assimiler systématiquement les musulmans qu’ils croisent à ces images. Mais, avant cela il y a une base raciste bien présente, et inséparable de cette haine du musulman. En bref, la haine du musulman vient après la haine du maghrébin dans le cheminement tortueux de ces esprits.
Quoi qu’il en soit, toutes les haines irrationnelles (et même rationnelles) doivent être combattues, et je trouve que le centre en question joue fort bien son rôle. Le rapport des assises de l’interculturalité est remarquablement bien équilibré, et est la preuve du professionnalisme qui y règne.
Clap clap clap
Pok
29 déc 11 at 23:21
Lettre ouverte au député ECOLO Ahmed Mouhssin, (membre de l’AG du MRAX) et au Socialiste Abobakre Boujhar, (membre du CA du MRAX).
par Mouedden Mohsin
Si je vous interpelle directement, c’est d’abord parce que je sais quel rôle important vous jouez en interne du MRAX. Ensuite, l’un comme l’autre, connaissez la situation apocalyptique de la structure et notamment de la gestion calamiteuse par l’ex président devenu directeur de l’Institution.
J’aurai également pu ajouter un membre du CA qui est membre du CDH. Engagée récemment, elle n’a pas une responsabilité dans le chaos de l’Institution, j’aurai également pu ajouter, un membre du MR, actif pendant des années, mais qui aujourd’hui se fait discret. Par conséquent, mon interpellation se focalisera sur vous deux. Prioritairement.
Vous le savez comme moi, tout général a besoin de bons soldats prêts à se mouiller ou à se sacrifier pour imposer une politique ou sauver le chef. Il s’avère que ce rôle de soldats d’opérettes, vous le jouez remarquablement bien depuis plusieurs années.
Je dois vous dire combien j’ai été déçus que vous osiez continuer à jouer les soldats d’opérettes pour votre directeur, lorsque le collectif de soutien de Mireille Robert, membre du CA du Mrax (et qui vient de démissionner) a organisé début décembre, une conférence de presse pour dénoncer les dysfonctionnements du MRAX. Votre présence indécente, vos propos que je n’ai pas entendus mais qui paraît-ils ont été durs me font penser à ces nervis ou à ces baltagas qui lors des révolutions arabes vont créer du grabuge afin que la population prenne peur et ne puisse s’exprimer. Mais aviez-vous le choix ? Fallait-il désobéir au chef ? Oui, sûrement.
En fait, je vous interpelle pour ces trois raisons.
1) En tant qu’ami du directeur actuel
2) En tant qu’anti-raciste
3) En tant que mandataire politique.
Etre un ami du directeur n’est pas un problème, cela le devient lorsque par amitié (plus que par conviction), vous continuez à soutenir une personne qui a démontré par son autoritarisme, son égocentrisme démesuré et surtout sa gestion calamiteuse une Institution respectable qui dysfonctionne. Car dans le social des égocentriques ou des autoritaires sont malheureusement légions. Le social a cette faculté d’attirer ceux qui ont tant besoin d’un (petit) pouvoir pour dominer ou écraser l’autre pour se sentir exister. Là où cela devient problématique, c’est lorsque vous faites passer l’amitié au-dessus de certaines valeurs : la vérité, la justice et la dignité des personnes.
La vérité, car vous savez pertinent qu’une majorité des revendications des travailleurs sont vrais. La justice qui fait qu’on fait démissionner des personnes, près de 30 pour très souvent des raisons injustifiés. La dignité des hommes, vous savez et connaissez le comportement épouvantable du directeur. Pourtant, vous continuer à le soutenir, ce n’est plus de l’amitié, c’est de la compromission, peut-être de la lâcheté. Le directeur, s’il était réellement votre ami, vous lui diriez STOP.
Etre un ami, Monsieur le député vert et monsieur le conseiller communal rouge, c’est également s’opposer à ses dérives, ou alors votre amitié n’est basée que sur des intérêts à court termes, peut-être électoraliste. Par conséquent, dire non au président, c’est poser un acte civique et éthique que nous attendons de vous depuis des années.
Ensuite, en tant qu’anti-racistes, ce que je pense vous êtes, vous participez à délégitimez l’Institution et l’anti-racisme. Votre attitude fait le jeu de nos adversaires, vous devenez ainsi les alliés objectifs des Demelenne et des Destexhe qui bien évidemment n’attendent que vos dérapages. Pour ma part, le combat anti-raciste est plus important que sa propre petite personne. Les combats que nous menons, que nous portons sont nécessaires afin que notre générations et celles à venir n’ait pas à souffrir de discriminations. Vous le constatez par vous-mêmes, le MRAX ne mène quasi plus de combats, à part les communiqués et l’un ou l’autre projet satellitaire. Par conséquent, si vous vous dites réellement anti-racistes posez un acte fort. Laissez l’équipe des travailleurs œuvrer, car que vous faut-il de plus que 30 démissionnés ? 30 C4, un record. Un homme a-t-il raison contre trente personnes ?
Enfin, et c’est peut-être le plus important. Lorsque vous vous êtes lancés en politique, vous nous avez tenus un discours séduisant, généreux et éthique pour changer les mentalités, d’abord au sein de vos partis respectifs, ensuite au sein du Parlement pour l’Ecologiste ou du conseil communal pour l’Ecologiste (avant la députation) et le socialiste.
Mais comment vous faire confiance ? Comment l’électeur demain en 2012 pour les communales et plus tard pour les Régionales pourra t’il vous faire confiance ? Votre attitude au MRAX ressemble à une posture clanique, tribale ou loin d’être du côté des justes, de la vérité et du respect des personnes, vous continuez inlassablement à soutenir les dérives d’une personne. Bien sûr et pour l’avoir bien connu, l’homme à des qualités, il est agréable à écouter, charmeur, il sait tenir un auditoire comme rarement vous pourriez le faire sur une vie. Il vous fascine, il est votre mentor politique, celui qui vous conseille, qui vous rassure, celui qui vous apaise. Mais cet « apaisement politique » ne doit pas vous conduire à l’aveuglement, votre amitié ne doit pas vous transformer en des personnes inhumaines. Comment pourrions-nous dès lors vous croire pour des dossiers autrement plus délicats, tant sur le plan local ou international, là ou dans l’épisode MRAX, vous avez démontré toutes votre incapacité à adopter une position juste et digne. Votre suivisme fait peur, vos silences malgré des évidences consterne, vos compromissions sont indignes d’hommes et d’hommes politiques, plus encore. Car si aujourd’hui, le directeur arrive à tenir, c’est en grande partie, à cause de vos manœuvres et de votre soutien.
Mais pour bien vous connaître, je reste persuadé que votre fond est généreux, et que la situation actuelle vous tenaille, vous crispe, vous fait parfois douter, mais à chaque fois des intérêts politiciens, une amitié trop forte vous oblige à repousser l’acte réellement généreux, l’acte qui ferait de vous, des élus du peuple et non plus, les élus d’une personne.
En définitive, la seule voie juste qui vous reste est celle de poser un acte courageux, généreux, et surtout juste, pour sauver l’équipe du MRAX du chaos actuel, pour sauver l’Institution et pour permettre enfin, aux plaignants, aux victimes de discriminations et de racismes de pouvoir compter sur la plus vieille association anti-raciste du pays.
La balle est dans votre camp. A vous d’être des anti-racistes soucieux de l’avenir du MRAX. A vous d’être des hommes politiques responsables et justes.
Blug
6 jan 12 at 17:38
La connexion Mouhssin-Lefrancq-Bouhlal est pourtant bien claire, à quoi bon épiloguer, ce sont des marionnettes du Palais royal marocain.
Quant à l’antiracisme, il n’était plus depuis longtemps la raison d’être du MRAX, devenu un simple service social pour étrangers en séjour illégal.
La lutte juridique contre le racisme, elle est menée depuis 20 ans par le Centre pour l’égalité des chances, ce qui a rendu le MRAX totalement obsolète, alors que côté flamand le groupe Kif Kif (pourtant aussi indirectement lié au Palais royal marocain via la fédération chauviniste marocaine FMDO à laquelle il est affilié) a une capacité d’intervention médiatique et de réflexion d’un niveau infiniment supérieur à ce dont le MRAX est capable.
Plutôt que de rédiger des interpellations sans aucun intérêt parce que leur objet est déjà cliniquement mort, M. Mouedden devrait tenter d’expliquer les causes des échecs de tous les mouvements politiques revendicatifs marocains, musulmans ou allochtones côté belge francophone.
Au hasard, ne peut-on envisager comme hypothèse de cause d’échec les egos surdimensionnés des Grands Militants de ces communautés dont le niveau de réflexion intellectuelle est la plupart du temps fort limité à des questions de lutte des places, autant qu’est illimitée leur fringale de subsides et d’emplois bidons pour leurs associations ?
Tête froide
6 jan 12 at 20:28
Bien tapé, Tête froide!
Un repère de profiteurs aux actions « travaux inutiles », comme aurait pu le pointer l’ex-journaliste RTBF-S passé chez Ecolo (où il s’est éteint depuis lors). Navrant ces gaspillages.
zeki
8 jan 12 at 14:32
Mrax : le PS «gèle» la candidature de Radouane Bouhlal
HUGUES DORZEE, le 26 janvier 2012, 11:49
Le directeur du Mrax avait introduit une demande d’affiliation au PS de Schaerbeek, qui, avalisée par le comité, devait être encore soumise à l’AG.
Le directeur actuel du Mouvement contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie (Mrax), Radouane Bouhlal, a introduit, fin de l’année dernière, une demande d’affiliation au Parti socialiste (section de Schaerbeek), comme révélé dans « Le Soir » de ce jeudi. Mais le PS a décidé de « mettre en suspens l’examen de sa candidature » en raison de la période agitée que traverse le Mrax.
A38 ans, ce juriste de formation (UCL), marocain d’origine et domicilié actuellement à Laeken, entend retrouver sa « liberté de pensée et d’action » et souhaite donc s’investir au sein du PS schaerbeekois, aux côtés de l’actuelle vice-première ministre, Laurette Onkelinx, en vue notamment des prochaines élections communales.
Radouane Bouhlal, on le sait, est fortement contesté au sein de l’organisation antiraciste qu’il a présidée de 2004 à 2011, avant de devenir directeur. En cause : ses méthodes de gestion et sa ligne politique.
Ce vendredi, une réunion du conseil d’administration du Mrax est programmé. A l’ordre du jour, notamment, l’avenir de l’Asbl et la mise à l’écart possible du directeur. Cette semaine, le président du CA, Placide Kalisa, en désaccord total avec la direction, a donné sa démission. Il plaidera pour la nomination d’un administrateur provisoire et la tenue, en urgence, d’une assemblée générale extraordinaire du mouvement.
En incapacité de travail depuis trois mois, attaqué de toutes parts (travailleurs, syndicats, société civile…), Radouane Bouhlal a donc introduit une demande d’affiliation au PS de Schaerbeek. « J’ai toujours été socialiste », affirme au « Soir » l’intéressé. « Et j’entends m’investir dans cette commune dans laquelle j’ai grandi et qui me tient fort à cœur ».
Sa demande d’adhésion a donc été examinée par le bureau de le section (15 membres) dans le courant du dernier trimestre. Celle-ci a fait débat. « Il était convenu d’en rediscuter avant de soumettre sa demande à l’AG qui, selon nos statuts, est souveraine », nous explique Yves Goldstein, président du PS de Schaerbeek.
Récemment, Radouane Bouhlal a reçu un courrier l’invitant à la session d’accueil des nouveaux membres. « Ma candidature devrait être avalisée sans problème » nous confiait ce mercredi soir, le directeur du Mrax. Il n’en est rien. Ce jeudi matin, Yves Goldstein nous précise : « Nous avons décidé de suspendre sa candidature. Ça n’est ni une sanction ni un jugement moral vis-à-vis de Radouane Bouhlal Mais étant donné les remous au sein du Mrax, nous tenons à obtenir des éclaircissements sur la situation de l’Asbl avant de soumettre sa candidature à l’assemblée générale », conclut le président du PS de Schaerbeek.
Le Soir
26 jan 12 at 13:49
http://www.lesoir.be/debats/chats/2012-01-27/le-11h02-que-se-passe-t-il-au-mrax-893196.php
Le 11h02 : l’antiracisme est-il en crise?
vendredi 27 janvier 2012
08h49
Le 11h02 : que se passe-t-il au Mrax ?
08h49
Le Mouvement contre le racisme traverse une période agitée. Pourquoi l’antiracisme est-il en crise ?
09h20
Commentaire de la part de chev
Pourquoi ? Parce que le mouvement est justement dirigé par des racistes anti-blancs, anti-juifs et que le sort, par exemple, des noirs ou des homos les indiffèrent profondemment. Ne cherchez pas plus loin. Bouhlal & co ne se préoccupent plus que de la communauté arabo-musulmane comme le dénoncent nombre d’observateurs depuis des années (et aussi le nouveau président déjà démissionnaire). Consultez parlemento.com sur l’histoire mouvementé du mrax ces dernières années pour vous en convaincre.
Tête froide
27 jan 12 at 10:17
Radouane Bouhlal, directeur du Mrax, défend son bilan et sa vision de l’antiracisme «de combat».
Propos recueillis par DORZEE,HUGUES, le 11 février 2012
Au centre d’un conflit social qui agite le Mouvement contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie depuis des années, son directeur Radouane Bouhlal, répond aux attaques et défend sa vision de l’antiracisme.
Lors de votre arrivée, en 2004, vous aviez pour ambition de «professionnaliser» l’ASBL. D’aucuns vous reprochent d’avoir dénaturé l’«âme» du Mrax.
Le Mrax, comme d’autres vieilles organisations qui se sont structurées dans les années 60-70, est un pur produit de Mai 68. Avec, en caricaturant à peine, «le patron, on le pend ; les travailleurs sont des militants ; on est tous égaux ; on n’a pas de chef ». C’est une culture de l’autogestion qui dépasse de loin ma personne. Quand je suis arrivé, j’ai effectivement voulu poursuivre un processus de professionnalisation initié avant moi : des règles dans l’organisation du travail ; un conseil d’administration qui fixe la ligne politique et non plus les travailleurs ; une gestion rigoureuse… Cela n’a pas plu. Mais c’est le prix à payer pour remettre le Mrax dans les standards moyens du non-marchand.
On vous reproche vos méthodes de gestion musclées, votre autoritarisme, vos pratiques de harcèlement.
Je ne peux tolérer de telles accusations ! Je savais qu’en donnant une nouvelle orientation politique au Mrax, on allait nous attendre au tournant, il fallait donc une gestion impeccable. Evaluer des travailleurs, faire des réunions d’équipe, instaurer un registre de présence, de récupération, de congés… Ce sont là des choses normales dans une ASBL.
J’accepte les critiques, je suis prêt à reconnaître mes erreurs, mais il y a une chose que je ne supporte pas c’est le mensonge. Quand j’entends «harcèlement», le mot me choque. Aucune plainte déposée n’a jamais été considérée comme fondée ! Je suis juriste. Le harcèlement est puni pénalement, ça n’est pas un mot que l’on peut lancer à la légère !
Vos détracteurs auraient tort ensemble, vous auriez raison tout seul ?
Je ne dis pas ça.
Vous admettez vos erreurs, lesquelles ?
Mon erreur principale, c’est d’avoir été impatient. Il fallait sans doute plus de temps pour mettre les choses en place. Pour le reste, on ne me fera pas croire que les autres responsables d’organisations (parti, syndicat , ASBL…) ne sont pas traversés eux aussi par des conflits internes. Avec leur lot de critiques, d’animosités, d’alliances…
Mais comment expliquez-vous une telle déferlante de critiques à votre égard ?
Mon discours et mon franc-parler dérangent peut être… Et puis, pour ceux qui me diabolisent, c’est confortable, ça leur permet de se faire passer pour des personnes honorables. Enfin, lorsqu’un responsable associatif issu de la société majoritaire est contesté, on dira de lui qu’il est habile, que c’est un fin négociateur, etc. Moi, on dit : c’est un manipulateur, un autoritariste, un égotiste…*
Du racisme à votre égard ?
Je n’ai jamais dit ça.
Revenons à la ligne politique que vous avez impulsée : un antiracisme «de combat», dites-vous.
Clairement. Je suis frappé de voir combien dans les milieux de gauche et progressiste, on est bienveillant et paternaliste à l’égard des minorités.
On s’occupe d’elles. On aime bien faire des activités «avec elles et pour elles». Il ne faut surtout pas faire de vague, les stigmatiser. Mais quand il s’agit de mettre ces minorités sur un même pied d’égalité, de négocier avec elles, de se confronter à un discours clair et décomplexé, c’est une autre affaire ! Pour moi, le vrai progressiste, ça n’est pas celui qui parle ou décide à la place des victimes de discrimination. C’est celui qui fait preuve d’humilité et accepte de traiter les minorités d’égal à égal.
On vous reproche d’avoir laissé le Mrax aux mains des seules victimes de l’antiracisme, en particulier issus de la communauté arabo-musulmane.
Je dis que le combat antiraciste doit être principalement porté par les victimes du racisme, mais pas uniquement. Je n’exclus absolument pas les gens issus de la société majoritaire. Mais je pense qu’il faut que les principaux concernés soient en première ligne. Comme je ne pourrais comprendre qu’une organisation gay soit pilotée par des hétérosexuels ou un mouvement féministe par des hommes.
Quand je suis arrivé au Mrax en 2004, l’ASBL était exsangue. Il n’y avait plus de relève. Entre laïques, de gauche, il y avait des enjeux de pouvoir, des luttes idéologiques sans nom ! On me demandait d’entrer dans un mouvement qui défendait un antiracisme romantique, mièvre qui ne servait que ceux qui sont déjà convaincus. Trop peu pour moi !
Pourquoi ?
Je sortais de quatre ans de combat dans le mouvement gay (mariage, adoption), qui allait à contre-courant de la société. C’était dur. fortiori dans mon cas, issu de la communauté arabo-musulmane… J’étais au CA du Centre pour l’égalité des chances sur le quota d’Ecolo. On me propose alors de devenir administrateur du Mrax. Mon discours importait peu à leurs yeux, c’était mon profil qui les intéressait : 25 ans, issu d’un cabinet ministériel écolo (Nollet, NDLR), de confession musulmane, proche du mouvement gay… On me propose alors, la bouche en cœur, d’être vice-président. Pour faire quoi ? Je voulais qu’on s’engage sur notre mandat, qu’on négocie. On me dit : «Tu nous laisses faire». Je l’ai mal pris et je me suis présenté comme président.
Par défi, par provocation ?
Sans doute. Mais aussi pour dire : respectez-moi, respectez-nous. Et puis pour porter un Mrax fort, indépendant – je n’ai pas dit apolitique, ce qui nourrit l’extrême droite –, populaire, en dehors de l’establishment. Et défendre ma vision de l’antiracisme.
C’est-à-dire ?
L’antiracisme, ça n’est pas une vision romantique du respect, de la tolérance, de la diversité. C’est mettre la notion d’égalité et d’interchangeabilité au cœur de la société belge. C’est faire en sorte que Mohamed soit vraiment l’égal de François, avec la même légitimité. C’est aussi arrêter de croire que le temps fera son affaire en prenant l’exemple des Italiens qui, 40 ans après leur arrivée, sont parfaitement «intégrés». C’est mettre surtout fin à cette société de castes où les inégalités sociales sont criantes, où l’ascenseur social ne fonctionne plus, où la discrimination à l’emploi, au logement, à l’école est légion.
Toutefois, il faut être sérieux. Nous ne sommes pas en Afrique du Sud, l’antiracisme n’est pas motivé par un présupposé raciste. En revanche, nous avons un sérieux passif avec la colonisation et l’immigration. Et il faut admettre, en outre, que la société majoritaire se présente comme seule porteuse de l’universalité et habilitée à dire le bien et le mal.
L’immigré, on l’aime bien. Mais on lui rappelle sans cesse qu’il n’est pas chez lui et qu’il doit rester à sa place…
On dit l’antiracisme en crise, incapable de faire face aux nouveaux défis de la société multiculturelle.
Ça n’est pas l’antiracisme qui est en crise, c’est la laïcité. Elle qui pendant des décennies a combattu l’Eglise catholique au pouvoir pour conquérir des avancées comme la neutralité et l’impartialité de l’Etat, le libre choix, l’émancipation des citoyens, etc. Aujourd’hui, l’Eglise ne gouverne plus la Belgique. Mais entre-temps, une autre religion – l’islam –affiche un certain dynamisme. Et ça suscite la peur et réveille des vieux réflexes anticléricaux. A cela s’ajoute une évolution sociologique et démographique, notamment à Bruxelles. Alors on agite le spectre islamique…
Bruxelles musulmane en 2030… On hurle aux envahisseurs, à la perte des valeurs. Je peux comprendre certaines interrogations de M. et Mme Toutlemonde. J’accepte moins quand des élus ou des intellectuels agitent le spectre de l’islamisation
Pourquoi cette peur ?
C’est un réflexe de protection, mais aussi une question de représentation symbolique analysée dans l’œuvre d’Edward Saïd L’Orientalisme. Pendant des siècles, on a cultivé l’image de l’Arabe comme un être fourbe, voleur, fraudeur, conquérant, etc. Et puis on ne cesse de confondre l’islam avec les traditions ; de tout voir par le prisme des mariages forcés, de l’homophobie, etc. Tout ça existe, il ne faut pas le nier, mais ni Marc Dutroux ni Patrick Haemers n’étaient arabo-musulmans que je sache !
Vous êtes critiqué de toutes parts, vous vous accrochez. Qu’est-ce qui vous motive ? Le pouvoir, la controverse…
Je ne m’accroche pas, je me bats ! Le pouvoir, oui, pour changer les choses. Un plan de carrière ? J’aurais choisi le confort : un cabinet, une place sur une liste comme on me l’a proposé… Mon vrai moteur est ailleurs. Je ne supporte pas l’humiliation. Et je suis obstiné.
Revanchard ?
Possible. C’est à d’autres de m’analyser.
Chevalier blanc des minorités ?
Orgueilleux, pas narcissique.
Vous allez quitter le Mrax ?
Je n’ai pas vocation à rester directeur éternellement. Je quitterai la fonction quand on aura retrouvé la sérénité, sûrement pas au moment où l’organisation a le plus besoin qu’on s’occupe d’elle et qu’on essaie de m’abattre.
Un mot sur votre soudaine vocation socialiste et votre adhésion suspendue.
Mais ça n’est pas une révélation ! Je suis de gauche, issu du prolétariat.
Ecolo est trop bobo à mes yeux. Et le PS, malgré tous ses défauts, reste un parti populaire. Je ne serai candidat à aucune élection Mais. Visiblement, ma candidature dérange. Sur la forme, ça manque de correction, de savoir-faire. D’autant que je l’ai appris par la presse. Sur le fond, ça n’est pas moi le problème. C’est la section PS de Schaerbeek traversée, comme d’autres, par des courants laïques multiples. Quoi qu’il en soit, il faudra faire avec moi et avec tous ceux qui pensent comme moi.
Le Soir
15 fév 12 at 03:12