
Alphonse Mayimbi était tête de liste pour Diversité Positive lors des élections régionales bruxelles en 2009
Une opinion d’Alphonse MAYIMBI-ma-MUANDA Nkiama
Novembre dernier 2011, se sont déroulées concomitamment en RDC (République Démocratique du Congo) l’élection du Président de la République ainsi que celle des députés à l’Assemblée Nationale.
Moins d’un an avant ces scrutins en début de l’année 2011, Joseph KABILA, le président sortant prit soin de modifier la Constitution en changeant le mode du scrutin, passant de deux tours à un seul tour. Aussi il mit en place une Commission électorale dont il plaça à la tête un proche, son conseiller, le pasteur NGOYI MULUNDA, membre fondateur de son parti le PPRD, un homme soupçonné de trafic d’armes d’après l’hebdomadaire Jeune Afrique du 08 Avril 2011, qui le décrit aussi comme « un homme incontrôlable et versatile, matérialiste et ayant peu de principes ».![]()
Par ailleurs, Joseph KABILA s’était attribué à son profit personnel tous les moyens de l’Etat pour mener sa campagne allant même jusqu’à s’accaparer des moyens privés pour empêcher ses concurrents de l’opposition de les utiliser : réservation et location abusive des moyens de transport, des stades, distribution de l’argent pour la participation à ses meetings, utilisation des forces de sécurité pour séquestrer et empêcher la tenue du Meeting de fin de campagne de son plus grand adversaire Etienne TSHISEKEDI à Kinshasa.
Il a abusé de son pouvoir de Président au regard de son statut de candidat comme les autres, en fermant les chaînes privées de télévision proches de l’opposition pour priver son adversaire Etienne TSHISEKEDI des moyens audiovisuels d’expression et de propagande électorale, et en réprimant brutalement les actions de protestation de son parti jusqu’à tuer.
Jusqu’à la date des élections, l’opposition n’eut droit à aucun contrôle ni participation aux opérations préparatoires de vote menées par la fameuse Commission électorale nationale indépendante (CENI): confection des listes, cartographies des Bureaux, ce malgré ses nombreuses protestations qui conduisirent à des manifestations durement réprimées par les forces de sécurité du régime avec plusieurs morts dans les rangs du plus grand et plus ancien parti d’opposition, l’UDPS de Mr Etienne TSHISEKEDI, candidat à l’élection présidentielle.
C’est dans ce climat de manque total de transparence, de terrorisme et de violence qu’ont eu lieu ces scrutins et que le régime mit à profit pour organiser des fraudes et des tricheries massives, en faveur du Président sortant Joseph KABILA, au détriment du candidat qui avait gagné tout au long de la campagne, les cœurs de la grande majorité de la population à travers tout le pays, et qui a gagné l’élection présidentielle, Mr Etienne TSHISEKEDI Wa MULUMBA selon plusieurs sources indépendantes concordantes.
Pas de droit de vote pour les Congolais de l’étranger
Il faut noter que les Congolais de l’étranger n’ont pas le droit de vote contrairement aux Ressortissants d’autres Pays, comme la Guinée, le Maroc et la Tunisie qui ont récemment voté partout où ils sont établis; et cela est toléré par des Etats soit disant démocratiques européens dont la Belgique, en violation de la Charte des droits de l’Homme. Les médias occidentaux toutes tendances confondues, aux ordres de leurs gouvernements pour les problèmes de l’Afrique, se gardant curieusement de faire écho à ce climat s’étaient au contraire évertués à battre campagne pour le Président sortant, le donnant constamment gagnant avant comme après le scrutin sans sondage établi.
Plus d’une semaine après l’élection et après deux reports, la Commission électorale a publié le 9 décembre des résultats incomplets tirés non pas des procès verbaux officiels des bureaux de vote contresignés par des témoins des candidats de l’opposition, mais des notes non officiels établies par VSAT (valises satellitaires).
Or il s’avère d’après les procès verbaux des bureaux de vote en possession des témoins des candidats et de certains observateurs, que c’est Etienne TSHISEKEDI qui est largement arrivé en tête avec 52 à 54 des votes exprimés, laissant loin derrière le président sortant Joseph KABILA avec 25 à 26% des votes selon différentes sources.
Le manque de transparence, les irrégularités et les fraudes massives ainsi que les violations de la Constitution et de la loi électorale sont aujourd’hui dénoncées par plusieurs missions locales et internationales d’observation, notamment le « Centre Carter, l’Union européenne et l’Eglise Catholique », l’institution la mieux implantée au Congo et ayant déployée plus de 30.000 observateurs, dans tous les bureaux de vote.
Le précédent ivoirien
Contrairement à l’interprétation plus que tendancieuse de certains observateurs, reprise par le ministre belge des Affaires Etrangère, Mr Didier REYNDERS, l’Eglise catholique par la voix de la Radio d’Etat du Vatican et de son cardinal à Kinshasa Laurent MONSENGO, a dit haut et fort nous citons : « C’est Mr. Etienne TSHISEKEDI qui est arrivé en tête… ; les résultats publiés par la commission électorale ne sont ni conformes à la Vérité, ni justes ».
Dans les Etats démocratiques et de droit, peut-on parler des fraudes et d’irrégularités sans sanction ? Et peux-t-on affirmer sans enquête sérieuse et sans soucis de la recherche de la vérité qu’elles ne changent pas l’ordre des candidats ? Mr Didier REYNDERS a exhorté l’opposition congolaise à aller devant la Cours Suprême de Mr KABILA pour contester les résultats frauduleux.
Est-il vraiment surpris par le résultat ? Faut-il alors en rire ou plutôt lui accorder l’excuse de la naïveté sinon de l’hypocrisie culturelle occidentale ? Et pourquoi dans la crise électorale ivoirienne, la décision de la Cour Suprême proclamant Laurent BAGBO vainqueur, n’avait pas été jugée crédible et pas prise en compte par la Belgique, la France, l’Angleterre, les Etats-Unis et le Canada, au motif que les membres de cette Cour étaient des proches de Mr BAGBO, car nommés par lui, alors qu’il en est de même pour celle de Mr KABILA en R.D.C qui vient de le proclamer vainqueur.
Permettez-nous de recourir au grand talent du grand maître romain de l’art de persuader CICÉRON, en le paraphrasant dans cette phrase de son célèbre discours devant le Sénat romain sur la conjuration de Catilina en 63 avant Jésus-Christ pour dire aux Honnêtes Gens:
“O Tempora, o Mores! Senatus haec intellegit, Consul Iudet… “
O Temps, o Meurs ! tous ces complots le Sénat les connait, le Consul (Cicéron) les voit…
Nous dirons: A quelle époque vivons-nous ! Toutes ces agressions et injustices violentes sont connues et avalisées par la conscience universelle humaine et les Instances de Délibération de l’Occident civilisateur et donneur de leçons ?
Le bref aperçu du bilan ci-après de 10 ans de la Présidence de Mr Joseph KABILA, arrivée au pouvoir en 2001 par un coup d’état qui avait coûté la vie à son prédécesseur Laurent Désiré KABILA au demeurant son père adoptif, ne peut laisser insensible toute conscience et raison humaines normales, tant il est sur tous les plans dramatiquement catastrophique et funeste pour le Congo.
- Exécution sommaire des Opposants: Armand TUNGULU – Résident congolais en Belgique en voyage au Congo en Août 2010.
- Assassinat des Journalistes et Défenseurs de Droits de l’homme: Didas NAMUJIMBO (assassiné à Bukavu le 28/11/2008), Bapwa MWAMBA (Journaliste à Jeune Afrique à Paris assassiné à Kinshasa) et Alidor CHEBEYA (Défenseur de Droits de l’homme, Président de l’Organisme » La Voix des Sans Voix » très connus sur la scène internationale, pour ne citer que ceux –là).
- Corruption massive et Pillage des Ressources – Communiqué de presse du député britannique Eric JOYCE – le 18/11/2011, faisant la lumière sur des pertes de 5,5 milliards de $ pour le peuple Congolais à la suite des opérations minières douteuses entre le gouvernement congolais, particulièrement Joseph KABILA avec des sociétés fictives des Iles Vierges Britanniques.
- Régression économique grave compromettant durablement toute perspective de développement pour notre Pays: classement du Congo à la dernière place du dernier Rapport du PNUD sur l’Indice de Développement humain publié le 08/11/2011) ; manque d’Eau et d’électricité même dans les grandes villes comme Kinshasa situé à près de 300 km du plus puissant Barrage hydroélectrique du Monde pouvant approvisionner toute l’Afrique.
- Défaillance et Incompétence graves notoires dans l’exercice des principales attributions constitutionnelles prévues à l’article 69 et 83 compromettant l’indépendance nationale, l’intégrité du territoire et la souveraineté nationale, et permettant le pillage économique massif et les viols d’une cruauté bestiale des femmes et des enfants mineurs à l’Est du Congo par des bandes armées étrangères.
- Incompétence grave et notoire sur le plan diplomatique avec l’effacement du Congo sur la scène internationale malgré sa population de plus de 60 millions d’habitants, sa superficie de plus de 2.400.000 km2, et surtout ses immenses et fabuleuses richesses.
Dès le lendemain de l’élection, Colette BRAECKEMAN, journaliste au quotidien belge «Le Soir», spécialiste du Congo et défenseur de KABILA, qui a séjourné au Congo durant les élections, parla d’un vote sanction massif du régime, tant pour la présidentielle que les législatives. Comment un vote sanction s’est soudain transformé en victoire ?
Voilà pourquoi les Congolais à travers le Monde (Londres, Paris, Bruxelles, Toronto, Montréal, Madrid, New-York, Washington, Berlin, Rome, Genève, Zurich, Pretoria, Johannesburg … notamment), font exploser leur colère l’exprimant parfois avec une certaine violence du désespoir, tant leur attente et espoir de changement sont immense et existentiel, leur foi dans leur leader Etienne TSHISEKEDI non négociable et leur détermination irrésistible.
Cette colère du désespoir s’est particulièrement traduite de façon dramatique dans la 2ème grande ville de la province du Bas-Congo Boma, par l’immolation par le feu du jeune Cedrick, comme le jeune tunisien dont l’acte à été à la base de la Révolution dans le monde arabe.
Les dégâts collatéraux sont liés aux frustrations des Congolais
Les dégâts matériels collatéraux que nous déplorons, occasionnés en Belgique notamment par cette expression violente qui est liée à d’innombrables frustrations subies par les différentes générations des Congolais dans les pays occidentaux d’accueil, sont imputables aux dirigeants de ces pays qui se rendent complices des crimes odieux en imposant des dictateurs dans leur pays depuis la Mort de leur Vénéré Premier Ministre et Héros national Patrice Emery LUMUMBA assassiné sur ordre des dirigeants belges et américains, et qui poussent les Congolais à fuir ce pays immensément riche et vaste, qualifié de « scandale géologique ».
Pouvez-vous comprendre que les vitrines brisées ou voitures brûlées, et les manques à gagner de l’ordre de milliers ou même des millions d’euros certes regrettables ne peuvent valoir le coût humain des milliers et des millions de morts congolais que provoque l’ingérence coupable de vos dirigeants dans la gestion criminelle de notre pays, en violation fragrante du principe universel du « Droit des peuples à disposer d’eux mêmes » inscrit dans la Charte des Nations – Unies auquel vos pays ont souscrit en tant que membre?
Heureusement, il y a encore des Hommes de bonne Volonté pour en témoigner. Aussi nous renvoyons ceux qui doutent à l’article – témoignage de Mr Arnaud ZAJTMAN paru dans le quotidien « La Libre Belgique du 7 décembre 2011 », un Européen de souche, homme de culture, réalisateur de documentaires sur le Congo et ancien correspondant permanent au Congo pendant 10 ans pour la BBC et la RTBF.
Nous en citons trois passages en guise de résumé:
« Les mots manquent pour qualifier la gravité de la situation qui prévaut actuellement au Congo. La commission électorale congolaise s’apprête à annoncer la victoire du président sortant Joseph Kabila sur la base de résultats frauduleux rejetés par la majorité des Congolais, jetant ainsi les bases du conflit le plus meurtrier qui puisse advenir, celui qui oppose un appareil d’état à sa population… Enfin, les électeurs congolais voient en Tshisekedi un leader charismatique, dont l’intransigeance certes inquiète parfois hommes politiques et diplomates occidentaux habitués à plus de déférence de la part de leurs interlocuteurs congolais, mais qui porte à son crédit le fait d’avoir mené une longue lutte pacifique et sans compromis pour l’émergence d’un état de droit au Congo, ce dont aucun autre homme politique congolais ne peut se prévaloir… Il en va de l’avenir du Congo et de l’avenir de nos relations avec le pays africain le plus peuplé appelé, s’il est bien géré à devenir un pole de développement pour l’Afrique et d’expansion économique pour l’Europe.»
Les Congolais à l’intérieur comme à l’extérieur du Congo ont une aspiration profonde: celle d’accéder à la Justice, à la paix et au progrès économique et social dans leur pays, qui ne peuvent être obtenu que par une bonne gouvernance s’appuyant sur des dirigeants politiques légitimes et intègres, soucieux des Intérêts du Congo et acquis aux valeurs du bien et de l’intérêt général.
Seul Etienne TSHISEKEDI Wa MULUMBA, incarnent aujourd’hui au Congo ces valeurs, et seul le respect et la reconnaissance du choix légitime de notre peuple qui l’a investi majoritairement de la responsabilité de Président de la République, pourra permettre de contenir l’ardeur volcanique de la détermination de notre jeunesse à défendre coûte que coûte notre victoire du bien sur le mal par différentes actions pacifiques à travers le monde.
Avec nos remerciements et notre considération aux hommes de bonne foi et de bonne volonté pour leur compréhension et solidarité.
Bruxelles, le 17 Décembre 2011
Alphonse MAYIMBI-ma-MUANDA Nkiama
Pour la résistance patriotique congolaise de Belgique
Membre Honoraire de la 2ème Commission Constitutionnelle de la RDC




