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Congrès amazigh dans un centre arabe boycotté par son président

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Un article de Mehmet Koksal

Les 9/10/11 décembre 2011, le Centre Culturel Arabe de Bruxelles accueille la sixième Assemblée Mondiale Amazigh (CMA dirigé par le Maroco-Espagnol Rachid Raha, une branche dissidente du CMA dirigé par le Franco-Algérien Lounes Belcacem). Plus d’une centaine de délégués amazighs et une dizaine de mandataires belges sont attendus à cet événement organisé par l’association Berbère Tamazight (Liège), l’association Thadrth n Imazighen-Huis van amazigh (Bruxelles), l’association Thirelli (Anvers), l’International Touareg et le Congrès Mondial Amazigh (CMA tendance Raha). L’ordre du jour de ces trois journées de congrès à Bruxelles prévoit l’adoption de nouveaux statuts, un changement de dénomination pour se différencier de l’autre CMA ainsi que l’adoption d’un « manifeste politique pour Tamazgha« , rédigé par Mohamed Elbattioui qui plaide pour « une Tamazgha confédérée où les régions historiques disposeraient d’autonomies politiques et de larges prérogatives dans la gestion des affaires socio-économiques, culturels et politiques« .
Les Imazighen (Berbères de nationalité marocaine ou algérienne) représentent une des plus grandes minorités identitaires de Belgique. Plusieurs militants de la « cause amazighe » tentent de créer ou de renforcer des structures de coordination et de représentation de cette importante minorité mais au niveau local la méfiance semble dominante au sein des populations concernées. En Belgique, trois personnalités (Mohamed Elbattioui, Aïssa Dmam et Rachid Raha) apparaissent régulièrement dans les manifestations ou les activités liées à la cause amazighe.

Rachid Raha préside la fondation Montgomery Hart des études amazighs, édite le mensuel Le Monde Amazigh et est à nouveau présenti pour être le nouveau Président du nouveau Congrès mondial amazigh. Son épouse, Amina Ibnou-Cheikh, une journaliste qui travaille pour la télévision publique amazighe, avait créé une polémique en 2007 au Maroc en accusant les militants du Mouvement culturel amazigh d’être à l’origine de la révolte des étudiants marocains au sein des universités, un fait démenti par ce mouvement.

D’après certains militants, le financement de ce sixième Congrès mondial amazigh à Bruxelles s’appuierait en partie sur des fonds belges en provenance des cabinets ministériels de Fadila Laanan (PS), de Pascal Smet (SP.A via le député bruxellois Fouad Ahidar) et de la commune d’Evere (via Fatiha Saïdi, sénatrice-échevine PS ex-Ecolo) mais cette information n’a pas pu être vérifiée auprès des autorités concernées.

Un grand malaise règne au sein de la communauté amazighe à cause du lieu choisi pour l’organisation de ce congrès. « Au Centre Culturel Arabe ? C’est comme si les nationalistes flamands de la N-VA organisaient leur congrès dans les locaux du FDF (parti fédéraliste francophone). Difficile à accepter sans broncher« , peste un des participants inscrits au Congrès.

Boycott du Président

L’autre malaise concerne le boycott confirmé de l’événement par Brahim Benlahoucine qui n’est autre que l’actuel Président du Congrès Mondial Amazigh. Interrogé en exclusivité par l’agence Parlemento.com, M. Benlahoucine explique que « Rachid Raha a établi sa propre liste d’associations amazighs dans l’unique but que celles-ci soutiennent sa candidature à la présidence du Congrès. Lors du dernier Congrès qui s’est tenu à l’aéroport d’Alger, une des principales résolutions adoptées consistait à tout mettre en œuvre pour unir les deux Congrès mondiaux amazigh mais Rachid Raha ne souhaite pas œuvrer pour atteindre cet objectif. Aussi, afin de ne pas sombrer dans l’individualisme, nous avions également décidé, lors du dernier Congrès, d’instaurer une présidence tournante, c’est ainsi que Rachid Raha a occupé cette fonction de 2008 à 2009, suivi de l’Algérienne (Tizi Ouzou) Farudja Moussaoui (actuelle vice-présidente) de 2009 à 2010 avant que j’accède moi-même à cette fonction en 2010. En fait, sa stratégie consiste à s’emparer du Congrès pour en pervertir ses missions et en faire tout autre chose mais certainement pas dans l’intérêt des peuples amazighophones. Je ne crois pas que Rachid Raha respectera, lors de ce 6e Congrès Mondial Amazigh les directives du mouvement. Il aurait, au moins, pu trouver un autre lieu qu’un Centre Culturel Arabe pour organiser un Congrès amazigh, qui, je le rappelle ne cesse de dénoncer la politique d’arabisation imposée aux peuples amazighs. Etait-ce le seul lieu disponible pour organiser un tel évènement ? Je dénonce également certains partenaires associés à l’évènement notamment la fondation de la Banque marocaine du commerce extérieur (BMCE, une institution financière dirigée par le régime marocain)« .

Pour rappel, il existe aujourd’hui deux « Congrès mondial amazigh » (tendance Belcacem et tendance Raha) dont l’un organise son assemblée aujourd’hui (9/10/11 décembre 2011) à Bruxelles. Mais des disputes existent au sein même de ce deuxième Congrès où le président en poste conteste la légalité de l’organisation du congrès de refondation.

(PARLEMENTO – INDEPENDENT NEWS AGENCY)

Written by Mehmet Koksal

décembre 8th, 2011 at 9:47

Posted in Langues,Religions

16 Responses to 'Congrès amazigh dans un centre arabe boycotté par son président'

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  1. Cher journaliste;
    Je pense qu’avant de rédiger votre article il fallait aussi prendre l’avis des organisateurs, comme ça vous auriez dû respecter l’avis de chacun et accomplire votre travail avec avec professionalisme, j’en suis sûr et certain que ce n’est pas vous qui a rédigé cet article, l’auteur il devarait avoir le courage de se montrer.
    Boucoup d’amalgame de confusion et erreures dans les infos et l’annalyse;
    Je réponds à cet article et je dénonce la mauvaise fois des gens qui sont dérière cet article.
    Bon travail.
    à titre d’info il s’agit d’une nouvelle assemblée et pas du 6ème congrès.
    MErci de s’interresser à notre cause

    amazigh

    9 déc 11 at 00:33

  2. je pense que tu veux faire des jeux la mon chère Amazigh car c’est tu veux faire au ils vont faire une nouvelle assemblée il va pas être la 6 emme sur le flaire et le programme mais je comprend la que se qu’il dans Mr Brahim Benlahoucine et très claire voila se qu’il pense de Raha En fait, sa stratégie consiste à s’emparer du Congrès pour en pervertir ses missions et en faire tout autre chose mais certainement pas dans l’intérêt des peuples amazighophones. Je ne crois pas que Rachid Raha respectera, lors de ce 6e Congrès Mondial Amazigh les directives du mouvement. Il aurait, au moins, pu trouver un autre lieu qu’un Centre Culturel Arabe pour organiser un Congrès amazigh, qui, je le rappelle ne cesse de dénoncer la politique d’arabisation imposée aux peuples amazighs. Etait-ce le seul lieu disponible pour organiser un tel évènement ? Je dénonce également certains partenaires associés à l’évènement notamment la fondation de la Banque marocaine du commerce extérieur (BMCE, une institution financière dirigée par le régime marocain)« . moi je pense que faire un nouvelle assemblée et bien mais pas dans un Centre Culturel Arabe il fous dire 1er assemblée des Amazigh pas la 6emme je pense que tu comprend et meme pour sa il fous en avoir plus de 300 Amazigh de touts tamazgha

    azul

    9 déc 11 at 15:47

  3. Clarifions d’abord? à propos des peuples BERBERES, Wikipedia vous dit ceci:

    Les Berbères (en berbère Imazighen, en tifinagh : ???????? et au singulier Amazigh, en tifinagh : ??????) sont un ensemble d’ethnies autochtones d’Afrique du Nord. Ils occupaient, à une certaine époque, un large territoire qui allait de l’Ouest de la vallée du Nil jusqu’à l’Atlantique et l’ensemble du Sahara et y fondèrent de puissants royaumes, formés de tribus confédérées. Connus dans l’Antiquité sous les noms de Libyens, Maures, Gétules, Garamantes ou encore Numides, ils connurent ensuite la conquête romaine, la christianisation, l’invasion vandale, la conquête arabe et la conversion à l’islam.
    = + = + = + = + =
    L’étendue territoriale d’antan était à elle seule plus vaste que l’Europe.
    Les conquérants arabes du VIIIe siècle s’arrangèrent pour morceler les ethnies en des territoires clivés, eux -arabes- jouant la transversalité des échanges. Au-delà de la chape islamique qu’ils imposèrent, les populations devinrent culturellement assez antagonistes.
    L’âge contemporain et pots-colonial soulevant des contrastes socio-économiques marqués et des régimes politiques parfois douteux.
    Le tout n’améliora pas la cohésion historique des berbères.
    = + = + = + = + =
    Ainsi, je perçois qu’au-delà de cette 6e (#@\§~/.) les meneurs Imazighen (suels marocains/algériens) tâchent d’y fixer LEUR propre version d’un « printemps berbère arabisé »?
    Pourquoi le faire à partir de groupes installés dans la diaspora berbère, plutôt qu’au sein de leurs propres populations autochtones?

    Enfin, ces partis PS-SP/a-Ecolo (jouant si volontiers d’un populisme racoleur envers les courants immigrés méditerranéens) doivent-il financer de tels rassemblements militants?
    Demande-t-on à d’autres partis d’ici à financer l’exacerbation des luttes p.ex. congolaises entre les factions pro-Kabila et celles pro-Tchisekedi?

    Laissons les véritables Berbères-Imazighen-???????? accomplir leur assemblée sans l’immixtion de para-islamistes!

    Titi à Sint-Joos-ten-Noode

    9 déc 11 at 17:29

  4. « Pourquoi le faire à partir de groupes installés dans la diaspora berbère, plutôt qu’au sein de leurs propres populations autochtones ? » : Excellente question.

    Selon moi, l’une des principales raisons, pour tenter de répondre à votre question, s’expliquerait tout simplement par le fait que la « communauté » amazigh représente une des plus importantes composantes nationales belges issues de l’immigation dite récente. A Bruxelles, elle est démographiquement plus importante que la communauté néerlandophone, par exemple. Aussi, je sais, je le dénonce, que l’histoire de l’immigration maghrébine n’est toujours pas écrite et donc pas encore enseigné dans nos écoles publiques : l’école, zaâma, du « mieux vivre ensemble ».

    Faut savoir également que le dernier congrès mondial amazigh, devant se tenir à Tizi Ouzou, s’est déroulé à l’aéroport d’Alger, puisque les région autorités algériennes, pas très amazighophiles, se sont employées à empêcher les participants à rejoindre le lieu initialement prévu de ce cinquième CMA.

    Rachid Z

    10 déc 11 at 00:31

  5. Je ne sais pas qui paye ce RAHA qui ne cesse de saboter le congrés amazigh depuis quelques années déjà.Il a essayé d’accusé l’ancien président Mr Lounés Kacem sans aucune preuve ,il a essayé de s’aboter la tenue du congrés tenu au Maroc ,enfin ,il fait tout pour le rendre ce qu’il n’est pas et de détourner les vrais revendications d’imazighns.Si personne ne veut voter pour lui ,c’est que tout le monde sait maintenant son but et qu’il travaille pour les ennemis ddes IMAZIGNS ,si non il aurait jouer le jeu démocratique .Moi je lui dis d’arrêter le sabotage et de dégager si non il sera considéré comme le pire des traitres de la cause amazigh s’il ne l’ai déjä .Comme les marocains disent puisqu’il est bon en arabe ,nous lui disons dégage parceque : 3a9o bik .

    Ajarif

    11 déc 11 at 04:35

  6. Afin de recadrer quelques antécédents de ces éternels conflits … allez entre autres à :

    http://www.amazighworld.org/auteur.php?auteur=Rachid%20Raha
    +
    In Memoriam: David Montgomery Hart, un expert sur les tribus des hauts plateaux du Rif au Maroc, est décédé le 22 mai 2001 à Garrucha, Espagne à l’âge de 74. Durant les années 1950 et 1960, M. Hart a vécu pendant de nombreuses années parmi les peuples berbérophones dans les montagnes du Rif. Anthropologue de formation à l’Université Princeton et l’Université de Pennsylvanie, M. Hart a écrit un certain nombre de livres basés sur son expérience dans le Rif, le plus ambitieux de ce qui était le Waryaghar Aith du Rif marocain, publié en 1976. Le livre est considéré comme l’étude la plus complète et méticuleuse ethnographiques d’un peuple rifain jamais écrit.

    M. Hart a également passé plusieurs années à étudier les Berbères Ait ‘Atta dans le sud du Maroc. Il a écrit deux livres qui sont considérés comme les ethnographies standard de cette confédération tribale: «Atta et ses quarante petits-fils: l’organisation socio-politique de l’Aït ‘Atta Dada du sud du Maroc et Atta Ait» du sud du Maroc: La vie quotidienne et l’histoire récente .

    M. Hart était un anthropologue de la vieille école, de vivre la vie au jour le jour des peuples qu’il a étudié et en s’appuyant sur les observations de terrain et des entrevues exhaustives pour arriver à ses conclusions. L’anthropologue Fellow et a noté érudit islamique Akbar S. Ahmed a écrit: « la marque de Hart de l’anthropologie reflète la vieille tradition où un anthropologue s’est appuyé sur ses oreilles et d’yeux que pour ses notes au lecteur-sentait le village et entendre ses bruits et l’anthropologie était encore un général englobe tout la description d’une société entière. C’est une perspective qui se meurt, et la discipline seront les plus pauvres de sa disparition.  »

    En raison de ses nombreuses années de vie parmi les Berbères ruraux, M. Hart était éminemment qualifié pour décrire la société, la culture et l’histoire de ces peuples. Prééminent en Amérique du anthropologue Clifford Geertz de l’Institute for Advanced Study à Princeton a déclaré le dévouement de M. Hart à son sujet a été source d’inspiration pour d’autres anthropologues. «Chaque cohorte qui travaille au Maroc a son image romantique de l’endroit», écrit le Dr Geertz, «à mon image, David Hart, l’ethnographe exultante, est au point mort. »

    M. Hart a également fait un travail de terrain au Pakistan et en recherche d’archives dans plusieurs pays européens. Il parlait couramment deux langues berbères, ainsi que l’arabe, allemand, français et espagnol. (((( ))))

    El Doudou

    11 déc 11 at 16:51

  7. Il semble clair que ce mouvement (né il me semble en Algérie)semble inquiéter les autorités marocaines (après avoir inquiété es autorités algériennes) puisqu’elles organisent un contre mouvement.
    Organisé par le PS, subsidié par des banques marocaines, organisé dans un centre arabe proche du PS….Tout est dit.

    salman

    12 déc 11 at 08:37

  8. Faroudja MOUSSAOUI : « Nous nous sommes retirés des travaux du 6e Congrès du CMA »

    Kabyle.com, le 12 décembre 2011

    Je vous écris pour vous informer que la délagation algérienne représentée par moi même, Faroudja MOUSSAOUI, mandattée, par le conseil fédéral du congrès mondial amazigh, région Algérie, s’est retirée des travaux des sixièmes assises du CMA suite à la tournure qu’on pris les travaux où:

    Nous sommes rassemblés le 9, 10 et 11 décembre 2011, pour les 6ème assises du CMA à Bruxelles, conformément aux décisions du Cf international, d’Agadir, les 15, 16 et 17 octobre 2011

    Nous avons présenté les bilans, moral et financier du mandat de 2008 à 2011 et déposé nos démissions en tant que membres du bureau du CMA

    Il y a eu élection d’un bureau du congrès.
    Lors des travaux, il y a eu la présentation d’un manifeste pour Tamazgha, un document qui n’a pas été adopté, qui reste en discussion

    Le deuxième jour: les travaux comment à 10h30:
    Quand on arrivé à la discussion autour des statuts, l’ensemble a opté pour le changement de la dénomination, plusieurs propositions ont été faites et la présentation des statuts, les statuts présentés font état de la création d’une nouvelle organisation, avec une nouvelle dénomination, qui sera basée à Bruxelles.

    Etant donnée que la proposition de faire de ces documents un projet qui sera adopté dans une assemblée général extraordinaire, et tout refeltait une utilisation de la base du CMA pour la création de l’Assemblée Mondiale Amazighe de ce constat, je me suis retirée.

    Je vous informe que la délégation de l’association Afus Deg Fus s’est retirée.

    La création d’une nouvelle organisation ne sera qu’un enrichissement pour le paysage de lutte amazighe, de defense des droits des imazighen.

    Le combat pacifique pour les droits des imazighen continu.

    Cette information, n’est en aucun cas, une déclaration de dénonciation, la pluralité des organisations ne sera qu’un enrichissement pour l’amazighité.

    Rachid Z

    12 déc 11 at 22:26

  9. Faroudja Moussaoui, ex-vice-présidente de l’organisation mondiale amazighe, à Liberté (quotidien algérien) : “Il y a beaucoup de pressions sur les militants amazighs”

    Par Arezki Mokrane, le 13 décembre 2011

    Ayant contribué à la mise sur pied de la 6e Assemblée mondiale amazighe à Bruxelles les 10 et 11 décembre 2011, la représentante pour l’Algérie de l’organisation mondiale amazighe nous fait le point sur la situation des Amazighs, notamment en Afrique du Nord.

    Liberté : Que pouvez-vous dire à propos de cette manifestation ?

    Faroudja Moussaoui : Le lieu est bien choisi car il est très bien situé, à proximité des institutions européennes et des organismes internationaux. La situation des Imazighen dans les pays de la Tamazgha nous interpelle et nous incite à l’internationaliser. Nous voulons rappeler au monde qu’il existe une Afrique du Nord amazighe et des pays arabes au Moyen-Orient.

    Dans le contexte des Printemps arabes, est-ce que le fait amazigh a gagné en lisibilité ?

    l Il y a la question de la lisibilité sur un point. Avant la fin des événements qui ont eu lieu en Libye, on voyait partout le drapeau, et des gens de Misrata ou de Benghazi ne savaient pas qu’il y avait des Imazighen dans leur pays. Mais, quand ces personnes sont venues des montagnes et se sont mobilisées pour se débarrasser de la dictature, ces gens se sont rendu compte de la situation.

    En toute confiance, les Imazighen ont cru alors que leurs droits culturels allaient être reconnus, mais ils ont été exclus du CNT (Conseil national de transition) et ils ont été écartés de la gestion du pays. Ceci dit, ce ne sont pas les premiers. Pendant la lutte d’indépendance, les Imazighen d’Algérie se sont investis dans la lutte, les Marocains du Rif se sont aussi investis dans la lutte de libération et, en fin de compte, c’est la grande déception…

    Un peu comme les femmes…

    Notamment. Les femmes d’Algérie ont découvert, à leur insu, qu’on avait décidé, une fois la guerre finie, qu’elles devaient rentrer à la maison ! Malgré la généralisation de l’enseignement, l’obligation scolaire jusqu’à l’âge de seize ans, il fallait encore une autre lutte pour que les filles aient accès à l’école. Et encore… Jusqu’en 1975, c’est le code français. De 1975 à 1984 on nous pond un code de la famille accompagné de mesures inspirées soi-disant de la charia. Jusqu’à 2005 on a constaté certaines avancées mais, pour nous, militants des droits de l’homme, la seule avancée a été la désacralisation de ces textes suivie de l’internationalisation des problèmes qui ont suivi l’institutionnalisation de l’islam et la politique d’arabisation. C’est cette internationalisation qui nous a aidé à parler maintenant du respect des droits et, à cet égard, le slogan de cette sixième assise “Pour la consolidation des droits des Amazighs” est révélateur. Si on parle des Touareg, c’est même le droit à la vie, en raison de la situation sécuritaire, en plus des problèmes nés de la pauvreté. Si on parle de la Libye, c’est la même chose en dépit de leur implication dans la lutte contre la dictature.

    Nous venons de faire un état des lieux de la situation des Imazighen dans ces différents pays. Au Maroc, il y a eu récemment l’assassinat d’un jeune qui a fait partie du mouvement du 20 Février. Trois personnes du Congrès mondial amazigh ont été incarcérées et on a fait sortir d’anciens dossiers à leur encontre. En Algérie, l’un des membres du Congrès mondial amazigh a été confronté à un problème semblable puisqu’on a fait sortir d’anciens dossiers. Le 17 novembre, cette personne est passée en justice et a été condamnée à un an de prison ferme parce qu’elle avait invité des députés flamands qui ont obtenu un visa et se sont déplacés en Kabylie. Est-ce qu’on a des visas pour l’Algérie ou pour se rendre dans telle ou telle région ? Il y a beaucoup de pressions, de harcèlements sur les militants, même si les choses bougent ; mais difficilement. L’une de nos revendications est la généralisation de la langue amazighe, étendue au début à 11 wilayas et réduite maintenant seulement à six wilayas. Ce n’est pas parce qu’on est arabophone qu’on ne peut pas être formé à la langue amazighe. Les arabophones n’ont jamais dit qu’ils ne voulaient pas apprendre le tamazight. Nous sommes aussi une Organisation non gouvernementale qui défend les droits de l’homme, le droit à la vérité pour les familles de disparus, le droit pour les victimes du terrorisme, la non-impunité pour les victimes du Printemps noir.

    L’affaire Matoub n’est toujours pas élucidée.
    Sans compter la question des acquis. Les prénoms amazighs ont été interdits dans un premier temps, puis ils ont été autorisés, et maintenant des mairies interdisent ces prénoms alors que l’Algérie a ratifié la Convention internationale des droits de l’enfant.

    L’administration algérienne demande aux Touareg, s’ils veulent être inscrits en tant qu’Algériens, de prendre un prénom arabe : c’est une violation des droits de l’homme. En Libye, l’ancienne administration exigeait d’eux la même chose. Au Mali et au Niger, on assiste à la disparition physique de Touareg… Voici le type de questions traitées au cours de ces assises. Nous insistons aussi sur la libre circulation de ces personnes. Les frontières fermées entre le Maroc et l’Algérie, et le visa imposé aux Algériens par le CNT constituent des entraves à cette liberté de circulation.

    De leur côté, les Européens, pour des raisons autres, ne prennent pas suffisamment en compte cette situation. Les Européens n’ont jamais soutenu les démocrates en raison des liens matériels qui les unissent à ces pays mais l’histoire leur a donné une leçon : aujourd’hui, on se retrouve avec des islamistes au gouvernement… Même chose en Tunisie…

    Paradoxalement vous vous réunissez dans un centre culturel arabe…

    Les Imazighen ne sont pas complexés et leur existence ne dépend pas de la non-existence des autres.

    La plupart des responsables politiques annoncés à la séance inaugurale ont fait défaut sauf un député flamand…

    Ce député a évoqué d’ailleurs les difficultés qu’il a rencontrées quant à sa venue ici en tant que représentant de la communauté flamande.

    Des pressions sur sa personne ont été exercées. Nous avons enregistré sa déclaration et nous nous étonnons qu’à Bruxelles, capitale européenne, des personnalités politiques soient menacées parce qu’elles veulent être aux côtés des défenseurs des droits des Imazighen.

    Vous avez connaissance d’autres pressions à l’occasion de cette assemblée ?

    Nous déplorons surtout la non-délivrance de visas par l’ambassade de Belgique pour des Algériens et des Marocains. Personnellement, j’avais déjà un visa mais malheureusement les accointances de l’État belge avec les pays d’Afrique du Nord ont empêché à dix-sept personnes venant d’Algérie d’obtenir un visa alors qu’au Maroc trente personnes n’ont pas eu leurs visas.
    Or, l’Accord d’association entre l’Union européenne et l’Algérie prévoit, en son article 2, la consolidation de la société civile ; mais quand des membres de la société civile veulent se rendre en Belgique pour assister à une assemblée comme la nôtre, on les en empêche ! Nous sommes une organisation laïque pour la défense des droits contre toute forme de xénophobie et de discrimination et nous voilà pénalisés dans la mesure où des congressistes n’ont pas été autorisés à venir à Bruxelles. Ces questions vont être soulevées à l’avenir auprès de l’Union européenne.

    Si on veut un regard sur la consolidation de la société civile, les Européens doivent favoriser la circulation sur le territoire de l’Union de militants pacifistes opposés à tout acte de violence.

    Rachid Z

    13 déc 11 at 14:30

  10. ASSEMBLEE MONDIALE AMAZIGHE : Communiqué

    Écrit par Rachid Raha (sur Berbere.com), le 14 décembre 2011

    Réuni à Bruxelles, en Belgique, du 09 au 11 décembre 2011/2961, lors de sa VIe Assemblée Générale, le Congrès Mondial Amazigh (CMA) a décidé du changement de dénomination, de la refonte de ses statuts et ainsi de la création d’une nouvelle institution avec de nouvelles structures. Cette rencontre, qui s’est tenue sous le thème « pour la consolidation des droits des amazighs », a connu un franc succès avec la participation de congressistes représentant les amazighs de Tamazgha: Maroc, Algérie, Tunisie, Libye, Touareg, ainsi que ceux de la diaspora de l’Union européenne, outre plusieurs invités et personnalités de marque.

    Devant les difficultés et confusions engendrées par les tiraillements et oppositions au sujet du « Congrès mondial amazigh », qui de facto a donné lieu à deux ailes se réclamant toutes deux du Congrès mondial amazigh légitime, il a été décidé de changer de dénomination en abandonnant celle de « Congrès mondial amazigh », pour celle d’« Assemblée Mondiale Amazighe », (Français), « Agraw Amadlan Amazigh », (Amazigh) et « Amazigh World Asembly » (Anglais).

    Compte tenu de l’intérêt politique quant à l’internationalisation de la question amazighe, il a été décidé de la constitution de l’Assemblée Mondiale Amazighe (AMA) sous le couvert et conformément au droit belge, ce qui lui assure la proximité et la protection des institutions internationales, dont celles de l’Union européenne.

    La refonte des statuts tient compte des lacunes et imperfections des anciens statuts du Congrès mondial amazigh et comporte une vision pragmatique et dynamique basée sur les principes de transparence et de bonne gouvernance pour la défense de la cause amazighe de par le monde. Les nouveaux statuts ont été validés et adoptés, après discussions, par l’Assemble Générale constitutive avec constitution du Conseil Confédéral et nomination des membres du Bureau Confédéral qui est composé comme suit :

    - M. Dr. Mohamed ElBattiui, Président;

    - M. Dr. Mimoun Charqi, Président d’honneur et chargé des affaires juridiques ;

    - Mme. Louisa Hadad, Secrétaire général et présidente déléguée pour la France ;

    - M. Dmam Aissa, Secrétaire général adjoint ;

    - M. Moussa Backa, Trésorier général ;

    - M. Jamal Alatiaoui, Trésorier général adjoint ;

    - M. Rachid Raha, Président délégué des relations internationales ;

    - M. Thomas Fortune, Président délégué pour les Touaregs ;

    - M. Ibrahim Ag Wanasnati, Vice-président délégué pour les Touaregs ;

    - M. Badr Aiyachi, Porte-parole et responsable de la communication;

    - M. Mohamed Elmajjoudi, Président délégué pour la Belgique ;

    - Mme. Naima Nahnah, Présidente déléguée pour l’Espagne ;

    - Mme. Amina Ibnou-cheikh, Présidente déléguée pour le Maroc ;

    - M. Faissal Aoussar, Président délégué pour le grand Rif ;

    - M. Ghazal Abdellah, Président délégué pour le grand Atlas ;

    - Ms. NouredinHathout et Mohamed Elhamouti, Membres Chargés de missions.

    L’Assemblée Mondiale Amazighe (AMA) a accepté comme premiers membres d’honneur Dr. Mohamed Chami et Mme. Libuse Addarova.

    L’Assemblée Mondiale Amazighe (AMA) reste ouverte à l’ensemble des associations et personnalités amazighes qui s’engagent à œuvrer dans le cadre du respect de ses statuts, à savoir notamment :

    - la défense, la promotion et le développement des valeurs de liberté, d’égalité, de tolérance, de démocratie et de droits de l’homme ainsi que la lutte contre toutes formes de discrimination, d’exclusion et de marginalisation ;

    - la défense, la promotion et le développement des droits des peuples autochtones, en particulier amazighs ;

    - la défense, du principe et du droit à l’autonomie des régions, en particulier amazighes, et la mise en place d’institutions démocratiques, sur l’ensemble de l’espace Tamazgha ;

    - La défense, le développement et la promotion de l’identité culturelle des peuples, populations et individus amazighs à l’échelle mondiale et dans leurs régions ou pays d’origine ou d’accueil ;

    - L’action pour la reconnaissance officielle (constitutionnalisation et institutionnalisation) de l’identité, de la culture et de la langue amazighes, dans les différents pays de Tamazgha ;

    - La sauvegarde, la promotion, le développement, et la modernisation de la langue et de la culture amazighes ;

    - le regroupement, l’encadrement et la formation des associations et cadres associatifs amazighs ;

    - la coordination et le regroupement entre les associations amazighes aux échelles locales, régionales, nationales et internationale ;

    - la défense des droits de la femme et des enfants amazighs ;

    - la préservation des amazighs des phénomènes de l’acculturation ;

    - la réhabilitation, la réécriture et la diffusion de l’histoire et de la civilisation amazighes au niveau de l’enseignement, de la recherche scientifique et du patrimoine (musées, monuments historiques, sites archéologiques, etc.) ;

    - l’action auprès des organisations internationales compétentes au sujet de la protection et de la valorisation du patrimoine civilisationnel amazigh ;

    - le développement des échanges entre les peuples amazighs et les autres peuples sur la base des valeurs universelles de reconnaissance de la diversité, de la tolérance, de la modernité, de la solidarité, de la coopération, du respect mutuel, de la reconnaissance réciproque, de la lutte contre la haine et le racisme, de la lutte contre la xénophobie, selon les standards universels reconnus des droits de l’homme;

    - la défense et la promotion des valeurs de paix et de droit ainsi que la résolution des conflits par le dialogue et les moyens pacifiques ;

    - la défense et la promotion des droits civils et politiques, économiques, sociaux, culturels et linguistiques des personnes, des communautés et des peuples Amazighs ;

    - la défense des militants de la cause amazighe ;

    - la défense des principes et valeurs de tolérance, de paix, de respect des différences et de l’autre;

    - la promotion de la renaissance de la civilisation amazighe et la libération des amazighs des contraintes, de l’immobilisme, de l’obscurantisme et de l’emprise des régimes répressifs et totalitaires.

    Par ailleurs, l’Assemblée Mondiale Amazighe (AMA), après débats, a adopté le projet de « Manifeste de Tamazgha pour une Confédération démocratique, sociale et transfrontalière, basée sur le droit à l’autonomie des régions ». Ce projet sera envoyé aux associations locales, régionales et nationales pour examen et propositions d’amendements éventuels, avant de faire l’objet d’une validation définitive lors d’une assemblée générale extraordinaire prévue fin octobre 2012 à Nador (Maroc), et qui serait l’occasion de compléter les instances dirigeantes de l’AMA.

    Avant de clore ses travaux, l’Assemblée Mondiale Amazighe (AMA) tient à préciser que la tendance du Congrès mondial amazigh, dont elle est issue, n’a rien à voir avec ceux qui avaient rendus visite à Kadhafi et son fils Saif El Islam en Libye. Par ailleurs, l’Assemblée Mondiale Amazighe (AMA) condamne, tout particulièrement et fermement, la marginalisation actuelle des amazighs de la gestion des affaires de l’Etat libyen d’aujourd’hui, alors même que la réussite de la révolution libyenne contre l’ex-dictateur déchu est due aux amazighs.

    A l’issue de ses travaux, l’Assemblée Mondiale Amazighe salue et apporte son soutien aux mouvements de libertés et marches pacifiques pour la dignité, l’égalité, la démocratie et les droits de l’homme, dans le monde d’une façon générale et dans Tamazgha en particulier.

    Pour prendre connaissance des statuts de l’Assemblée Mondiale Amazigh : http://www.berberes.com/images/pdf/ama-statuts-agraw-amadal-amazigh.pdf

    Rachid Z

    14 déc 11 at 12:40

  11. Intervention vidéo de Isabelle Durant, Vice-présidente du Parlement européen aux congressistes de la VI Assemblée Mondiale Amazigh à Bruxelles : http://youtu.be/IOb6lfin0Ck

    Rachid Z

    14 déc 11 at 15:01

  12. L’Organisation Internationale Amazighe : pour une ONG à la hauteur de nos espérances

    Communiqué de la Délégation de l’Espace Culturel Berbère Européen, «Afus Deg Wfus» de Roubaix, le 12 décembre 2011

    Membre fondateur et organisateur du 3ème Congrès Mondial Amazigh à Roubaix en août 2002, invité le 7 décembre à participer aux travaux du 6ème Congrès Mondial Amazigh à Bruxelles les 9, 10 et 11 décembre 2011, l’Espace Culturel Berbère Européen «Afus Deg Wfus» de Roubaix représenté par une délégation de quatre personnes a assisté à cette assemblée générale.

    Lors de ces travaux, notre délégation a insisté pour que le projet de création d’une nouvelle ONG (notre proposition : Organisation Internationale Amazighe (Tiddukla Tagreghlant Tamazight) qui siègera à Bruxelles soit validé par une assemblée générale extraordinaire qui aura lieu à Roubaix en août 2012 et qui comprendra l’ensemble des délégations d’Amazighie (Maroc, Algérie, Tunisie, Libye, Egypte, l’ensemble saharien Touareg, Îles Canaries, Diaspora…).

    Lors de ces assises, notre délégation déplore que plusieurs délégués de la diaspora, algériens, marocains, canariennes n’aient pas pu assister à cette assemblée générale, faute de n’y être pas invités ou absence de visas. Elle regrette également que certaines délégations aient fait d’énormes sacrifices financiers en se déplaçant de très loin pour un tel résultat. Ayant constaté que le projet de la nouvelle ONG allait être validé sans quorum et sans tenir compte des autres propositions, notre délégation a été contrainte de se retirer pour ne pas être en porte à faux avec les valeurs de notre association.

    Nous sommes pour l’organisation d’une Assemblée Générale Extraordinaire afin de réunir toutes les personnes engagées dans le combat identitaire. L’objectif sera d’examiner les nouvelles situations en Amazighie (Tamazgha avec l’ensemble saharien Touareg et les Îles Canaries) afin de trouver de nouvelles stratégies pour dénoncer toutes les atteintes aux Droits de l’Homme et imposer le statut d’officialité pour notre langue en Algérie et en Libye.

    Il est grand temps, en ce début du 3ème millénaire, de consacrer nos efforts pour créer une structure ONG à la hauteur des aspirations du peuple amazigh qui aspire à vivre dans une union amazighienne, maghrébine, nord africaine réconciliée avec son identité historique amazighe, ses langues et ses cultures. Nous lançons un appel à tous les Amazighs pour soutenir nos frères Amazighophones Libyens dans leur juste combat identitaire pour l’officialité de la langue amazighe dans la constitution libyenne.

    Nous lançons un appel aux Etats d’Amazighie Maghreb Afrique du nord (avec l’ensemble saharien Touareg et les Îles Canaries) qui gagneront en crédibilité en répondant aux aspirations de leur peuple par l’officialité de l’amazigh patrimoine commun, l’adhésion à la démocratie et au respect des droits de l’homme. Leur adhésion à la modernité par l’égalité des droits entre les hommes et les femmes et la séparation de la sphère privée de la sphère publique. C’est à ces conditions que ces pays pourront sortir du marasme culturel, politique et socio économique dans lesquels ils sont plongés.

    Enfin notre association, l’Espace Culturel Berbère Européen « Afus Deg Wfus », appelle à la création d’une ONG Amazighe représentative de toutes les nations amazighes et de leur combat identitaire. Une ONG porte parole de tous les Amazighs auprès des instances internationales pour la défense de leur droits culturels, linguistiques, identitaires, socio économiques et politiques. Une ONG crédible, indépendante vis-à-vis des Etats et des partis politiques pour faire entendre la voix des Amazighs, celle des hommes libres dans leur combat culturel, linguistique, identitaire, socio économique et politique.

    Pour la Délégation «Afus De Wfus»

    Med Ouramdane KHACER

    Rachid Z

    15 déc 11 at 11:23

  13. Reportage vidéo réalisé par Aljaliya24.com lors des assises de la 6ème Assemblée Mondiale Amazighe à Bruxelles : http://youtu.be/Bp-93oKL0Fk

    Rachid Z

    19 déc 11 at 01:19

  14. Concertation amazighienne

    Compte-rendu vidéo de la deuxième journée des assises du Congrès Mondiale Amazigh organisée au Centre Culturel Arabe de Bruxelles du 09 au 11 décembre 2011. A l’ordre du jour : présentation des bilans, moral et financier du mandat de 2008 à 2011, démission des membres du bureau du CMA et débat autour du «manifeste de Tmazgha» proposé par Mohamed ElBattiui, actuel président de l’ONG rebaptisée Assemblée Mondiale Amazighe : http://youtu.be/CesjVd1DYh0

    Rachid Z

    20 déc 11 at 15:53

  15. POUR LA CONSOLIDATION DES DROITS DES AMAZIGHS[1]

    Par Mimoun Charqi, le 20 décembre 2011

    Après avoir remercié les organisateurs et toutes celles et tous ceux qui, d’une façon ou d’une autre, ont œuvré pour cette rencontre, je voudrais avoir une pensée pour le vent des mouvements pacifiques de revendications et de libertés qui depuis le Sud de la méditerranée a commencé à souffler sur le monde. Lors d’une journée d’étude sur l’identité[2], devant l’expression des sentiments identitaires et culturels amazighs, l’un des participants, pour sur non amazigh, a cru bon de s’offusquer et d’affirmer qu’il était dangereux de revendiquer une identité et une culture amazighe, et bien sûr, de surcroît, des droits pour les amazighs. Ce à quoi il se vit répondre que ce qui était dangereux c’était de ne pas reconnaître l’autre et de ne pas tenir compte des sentiments, identités et cultures d’autrui, de l’exclusion, de la marginalisation…

    Avant d’épiloguer sur la question de la consolidation des droits des amazighs, il convient de rappeler ce qu’il en est de la situation des droits des amazighs, aujourd’hui. Il est clair que les peuples amazighs, d’une façon générale, sont loin de bénéficier, comme il se devrait, des droits reconnus selon les standards universels des droits de l’homme. Au moins, deux grands axes méritent qu’on s’y attarde : le premier a trait à la langue, à la culture et à la reconnaissance, tandis que le second porte sur la question du droit au développement et à la prise en main de son destin.

    1. Le droit à la langue, à la culture et à la reconnaissance

    1.1. Le droit à l’identité culturelle

    J’ai souvenir que, longtemps durant, certains berbères n’osaient pas s’entretenir dans leur langue maternelle, dès lors qu’ils n’étaient pas entre eux mais dans des cercles constitués de personnes autres que d’origine amazighe.

    «Chleh», «chlieh», ou «chleu» était des termes péjoratifs utilisés, au Maroc, par les non amazighs, pour qualifier l’amazigh, le berbère considéré comme individu de second rang. Ce complexe, que d’aucuns pouvaient avoir, semble s’estomper avec le temps. Le berbère n’a plus honte de parler sa langue et de revendiquer son identité et sa culture amazighes. La prise de conscience des peuples berbères semble faire son chemin.

    Pourtant, aujourd’hui encore, nombre de parents ont toujours des difficultés à donner à leurs enfants des prénoms amazighs. Le Maire de Nador, en la personne de Tarik Yahya, qui avait décidé, en 2003, selon les compétences du Conseil municipal, d’utiliser les caractères Tifinagh sur les panneaux de signalisation et les extraits d’état civil avait eu toutes les difficultés inimaginables avec les autorités.

    1.2. La revendication et l’exercice de droits effectifs

    Les populations amazighes sont de plus en plus revendicatrices d’un droit à la langue, à la culture amazighe et à la reconnaissance nationale. Au-delà des statistiques et chiffres officiels, [dont chacun conviendra que l’on peut en faire tout ce que l’on veut], un grand nombre de populations amazighes trouve énormément de difficultés avec l’Administration et ses services pour ne pas connaître d’autre langue que celle d’origine.

    Il convient de noter que, du point de vue du droit, les constitutions réaffirment le principe de l’égalité entre les ressortissants. Que les instruments internationaux, réaffirment divers principes dont celui de la non discrimination, de l’égalité, des droits des peuples autochtones…

    Dans le cas du Maroc, à titre d’exemple, certains efforts commencent à se faire ces derniers temps. Preuve s’il en est la création de l’IRCAM, les émissions de radio et télévision, les festivals, les caractères tifinagh… Toutefois, le hiatus est important entre ce qui se fait et les revendications du mouvement amazigh.

    L’amazigh langue nationale, langue officielle ou constitutionnelle ? Tel était le débat, au Maroc, au moment de l’élaboration de la réforme de la dernière constitution. Aujourd’hui, la constitution consacre, au Maroc, l’Amazighe comme langue officielle. Mais cela ne suffit pas pour régler le problème.

    Il est important d’éviter les écueils de la forme et du simple « folklore ». L’important est que toute personne, tout contribuable, tout administré ou justiciable puisse se faire entendre et comprendre dans sa langue, dans la langue qu’il comprend. Le problème est un problème de droits et de citoyenneté,… C’est plus le problème de l’Etat, que celui des individus.

    2. Le droit au développement et à la prise en main de son destin

    2.1. Le droit au développement

    Le droit au développement peut laisser paraître le droit à la langue et à la culture comme étant accessoire. Le problème tient à ce que des populations et régions amazighes entières se sont retrouvées exclues du développement économique, social, sanitaire, culturel et autre. Dans le cas du Rif, à titre d’illustration, il aura fallut attendre 50 ans après l’indépendance politique du pays, avant que l’Etat ne commence à s’y intéresser et songe au lancement de projets d’infrastructures. Est-il besoin de dire que le problème de l’accès des populations amazighes au développement, à la croissance économique, au bien être social, à la santé, à la sécurité, à la salubrité, à la scolarité, à l’égalité des chances, et j’en passe, n’est pas encore résolu pour autant ? Ailleurs, nombre d’ayants droits se retrouvent spoliés du droit à la propriété foncière, du droit à l’eau, du droit à la santé[3],…

    Mais le Rif, en dépit de tous ses atouts et potentiels, n’est pas vraiment la seule région dans ce cas. Il faut sortir des villes et s’enfoncer dans le pays berbère pour se rendre compte de l’exclusion et de la marginalisation dont pâtissent les populations concernées. Cela est valable aussi pour les imazighen de l’ensemble de Tamazgha.

    Dès lors que l’égalité des ressortissants est réaffirmée par les textes juridiques nationaux et/ou internationaux, est ce que l’ensemble des populations concernées n’est pas en droit de prétendre et réclamer un traitement égalitaire ?

    2.2. La prise en main de sa destinée

    Depuis plusieurs années maintenant, l’élite amazighe est convaincue de l’intérêt de la démocratie participative, de l’autonomie des régions, de la séparation des pouvoirs,… Les Kabyles s’y sont engagés avec le mouvement pour l’autonomie dela Kabylie, au Maroc le manifeste pour l’autonomie du grand Rif porte le principe du droit à l’autonomie des régions et la déclaration d’Al Hoceima à laquelle les amazighs du monde ont participé fait mention du droit des peuples et régions autonomes pour Tamazgha.

    Considérations finales

    La consolidation des droits des amazighs doit se tourner vers l’avenir et faire en sorte qu’au-delà de la prise en compte des sentiments des populations concernées, les droits reconnus par les instruments nationaux et internationaux soient traduits dans les faits et deviennent effectifs. Cela suppose un plan d’action idoine sur la base d’une vision claire balisée par des principes, autant en ce qui concerne les amazighs qui sont restés sur leurs terres que ceux qui ont choisi l’exil.

    1. La fin de l’Etat centralisé et le droit à l’autonomie des régions

    Les Etats centralisés n’ont pas réussi à mettre sur pied des politiques de développements destinées à l’ensemble de leurs peuples et régions. Les Etats centralisés partout ont montré leurs limites. L’Etat centralisé, a su combiner, par exemple au Maroc, l’Etat gendarme et l’Etat providence, par le contrôle et le sécuritaire, puis par des programmes, tels que la promotion nationale, puis récemment l’INDH,[4] qui demeurent bien en deçà des espérances et fort limités quant aux impacts et résultats en matière de croissance et de développement économiques et sociaux. Il est temps que les Etats centralisés atteignent l’âge de la raison et cèdent la place aux Etats des régions autonomes.

    L’autonomie prévue pour le Sahara devrait être pensée pour l’ensemble du Maroc et pourquoi pas servir de modèle pour l’ensemble de Tamazgha. Il ne peut y avoir une régionalisation à deux vitesses, l’une pour le Sahara et l’autre pour les autres régions du pays.

    Les droits des amazighs peuvent trouver leurs expressions dans le développement de l’autonomie des régions de leurs Etats respectifs et la responsabilisation des populations concernées quant à leurs destins. C’est pourquoi, la déclaration d’Al Hoceima parle de Tamazgha comme Maghreb des peuples et régions autonomes.

    2. Les droits des amazighs de la diaspora

    Le sentiment d’appartenance à une identité et à une culture originelle commune peut assurément consolider fortement des droits des amazighs, où qu’ils soient, autant dans leurs pays d’adoptions que dans leurs pays d’origines. L’organisation dans le cadre d’institutions associatives, syndicales ou politiques regroupant les amazighs ne peut que leur donner la force et le poids nécessaire afin de faire valoir leurs droits. En s’organisant, les amazighs peuvent peser sur leurs devenirs dans les pays de résidences dont ils ont acquis les nationalités. Les amazighs de la diaspora bénéficient certainement de plus de droits dans leurs pays d’adoptions, dans la mesure où il s’agit d’Etats de droits. Mais, la vigilance doit être de mise surtout par les temps de crises et de montée de la xénophobie.

    3. Un plan d’action

    Le plan d’action c’est ce qui devrait être discuté, lors des ateliers des commissions, pour voir quelles mesures entreprendre aux échelles nationales et internationales afin de faire en sorte que les droits des amazighs deviennent une réalité non seulement de juris mais de facto. Les grands principes devant servir de balises à ce plan d’action c’est ce qui figure dans l’objet même du projet de statuts de l’Association mondiale amazighe et du projet de Manifeste de Tamazgha.

    [1] Conférence inaugurale àla VIe assemblée générale du Congrès mondial amazigh. Bruxelles les 10 et 11 décembre 2011.

    [2] «L’identité, les sentiments et revendications doivent être au cœur de la révision de la constitution», in http://charqi.blog4ever.com

    [3] «Difficultés et aspirations des populations rifaines», in http://charqi.blog4ever.com

    [4] Initiative nationale pour le développement humain

    Rachid Z

    20 déc 11 at 18:04

  16. Dmam Aissa a partagé une photo de Rachid Raha.

    Mission de l’ Assemblée Mondiale Amazighe à Alhoceima

    Par Rachid Raha, le 25 janvier 2012

    Chers/es amis/es,

    Deuxième mission de l’Assemblée Mondiale Amazighe (AMA) à la ville d’Alhoceima ce dimanche 22 janvier 2012/2962. Les membres de l’AMA Faissal Aoussar, président délégué du Grand Rif, Rachid Raha, président délégué des affaires extérieures, accompagnés par des membres de la jeunesse de l’AMA Samir Boudouassel, Fikri Al Azrak et Kamal Slimani ont rencontré des représentants de secrétariat provincial des diplômés chômeurs et des membres du mouvement du 20 février. La délégation s’est acquieri de leurs situations et entendus leurs doléances. El Abouti Qotaiba et Hanane El fakiri ont assuré à la délégation que les autorités répondent à leurs revendications légitimes qu’avec de la violence physique et psychique, doublée par des propos clairement haineux et racistes (en les traitant de awbachs et fils de colons espagnoles !!!). Quand aux membres du 20 février dont M. Achahbar El Moltaki qui a vécu de plus prés l’assassinat de Kamal Hassani ont expliqué aux responsables de l’AMA tous les détails de l’assassinat de ce jeune martyr d’Ait Bu Ayach ainsi que les procédures qui remettent en question la version officielle de la mort des cinq personnes trouvée brûlées dans la banque populaire de la nuit du 20 février. A propos de cette obscure mort des cinq civils de la province d’Alhoceima tous les indices indiquent qu’elles étaient assassinées dans de trouble circonstances, un fait à propos duquel l’AMA insiste qu’il y ait une ouverture urgente de l’enquête de la part des nouvelles autorités marocaines et de la part du nouveau ministre de la justice afin d’éclaircir les vrais circonstances de leur mort, à défaut on sera obligé de demander une enquête internationale. En définitive, toutes ces violations des droits humains commis par les autorités marocaines envers les jeunes diplômés chômeurs de la région du Rif (et les autres régions) et les militants du 20 février seront dénoncés au sein des institutions internationales.

    Rachid Z

    26 jan 12 at 13:45

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